A la piscine

Clotilde est rentrée. Tant mieux. Mais faut pas prendre les enfants du Mahdi pour des canards sauvages …

Bernard Langlois  • 17 mai 2010
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J’ai vu dimanche à la télé, comme tout le monde, la charmante Clotilde Reiss,

Illustration - A la piscine

dans la cour de l’Elysée, aux côtés du ministre étranger aux Affaires (et sans Sarkozy pour une fois, paraît qu’en ces temps de basses eaux sondagières notre omnipotent président s’essaye à la discrétion), remercier qui de droit pour sa libération, décrire les conditions “spartiates” de sa détention dans la prison de Téhéran, rendre hommage à ses codétenus (dont deux ont été exécutés) et se réjouir, bien normalement, de retrouver son pays et les siens. Bien.


Illustration - A la piscine

Il m’a semblé qu’il manquait quelque chose à sa déclaration, du genre : « Je suis bien contente aussi de pouvoir reprendre mon boulot à la DGSE et de retrouver mes copains de la Piscine. »

Mais j’ai très mauvais esprit.

Et voilà-t-y pas que ce lundi matin, outre la suspicion générale de la presse quant aux conditions de la libération de “la jeune étudiante” (sans contre-partie, mon œil …), la rumeur enfle, étayée par des déclarations d’un ancien responsable des services (secrets), que la jeune femme est bel et bien employée par l’espionnage français.

On comprend que ce ne sont pas là des choses qui se crient sur les toits.

Mais on voit bien aussi l’évidente utilité pour nos services (secrets) de recruter cette “jeune étudiante”, vive, intelligente, passionnée par la culture perse et parlant bien le farsi — ce qui, on me l’accordera, ne se trouve pas tous les jours sous les pas d’un dromadaire. A la limite, ce serait pour les responsables des dits services (secrets) une faute professionnelle que de ne pas l’avoir fait.

Et après tout, rien de choquant là-dedans : pour qu’il y ait du renseignement, il faut bien qu’il y ait des agent(e)s, et on en trouvera plus naturellement sur les bancs des Langues-O qu’à la foire aux melons de Cucuron …

Mais si c’est l’habitude de nos dirigeants de prendre les Français pour des andouilles, il est plus difficile de tromper les autorités iraniennes, bien plus subtiles qu’on veut nous le faire croire.

Comme disait le regretté Alexandre Vialatte, en conclusion de chacune de ses chroniques : « Et c’est ainsi qu’ Allah est grand »

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