Pas Un Mot Sur La Choquante Proximité De Fréquentation, De Connivence Et D’Intérêt Entre Les Milieux D’Argent Et La Presse Barbichue

Sébastien Fontenelle  • 30 juillet 2010
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Dans son édito du jour, Laurent Joffrin, boss du quotidien barbichu Libération , trouvant soudain que l’eau mouille, dénonce: «La choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent et la droite française» .

Dans cette proposition, les trois mots importants sont bien évidemment: «La droite française» .

Leur fonction est de faire penser au lectorat de Laurent Joffrin que «la droite» serait seule à se vautrer dans cette consanguinité.

Tel n’est bien sûr pas le cas: Laurent Joffrin, que Rotschild émolume, pourrait tout aussi bien s’offusquer de la non moins «choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent» et la presse barbichue.

Mais cela supposerait que, développant sa méditation, Laurent Joffrin cherche et nomme les artisans de cette endogamie – ces gens, tu sais, qui depuis des années vont bêlant qu’il est temps que les journaux mettent plus d’allant à «moderniser leurs gestion» [^2], à grands coups d’ «études marketing» ^3 et en se libérant, par exemple, des «sureffectifs qui pèsent sur l’équilibre économique et réduisent d’autant la capacité d’investissement» ^3.

Laurent Joffrin tomberait alors, assez vite, sur l’un des plus déterminés promoteurs de cette «modernisation» ^3, et de l’entrée du capitalisme dans la presse écrite: un certain Joffrin, Laurent, connu pour ses poils de menton et sa propension à faire dans l’Isère de clownesques séminaires saturés de milieux d’argent.

Surtout: Laurent Joffrin pourrait tout aussi valablement condamner «la choquante proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt entre les milieux d’argent» et l’attristant conglomérat de «socialistes» félons que l’éditocratie, occultant que ces pitres sont de longue date au Medef, appelle toujours «la gauche» .

Mais cela supposerait que, poussant loin son investigation (un mot qui fait toujours marrer), Laurent Joffrin – dont nul(le) n’a voulu oublier qu’il fut l’accoucheur de l’audacieuse confession où Bertrand Delanoë (rires) caqueta qu’il était le «manager» de Paris – cherche et nomme les artisans de ses reniements.

Laurent Joffrin tomberait alors, de nouveau, sur un certain Joffrin, Laurent – le même que tout à l’heure -, connu pour ses poils de menton et sa propension à striduler qu’il fut l’un des (contondants) « instruments de la victoire du capitalisme dans la gauche» .

On entrevoit ce qu’une[^6] telle démarche – de méditation et d’enquête – aurait de traumatisant, et ce qui dès lors motive Laurent Joffrin dans sa burlesque fustigation de «la droite» : le gars rêve du grand soir où reviendra le temps béni du «socialisme» de gouvernement, et de sa moderne proximité de fréquentation, de connivence et d’intérêt avec les milieux d’argent.

[^2]: Média-paranoïa , par Laurent Joffrin, Seuil,2009.

[^6]: Merci, Patrick!

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