Une auréole pour Bernard K. …
… décernée par Bernard G. Ah, les Nanards !
Il était beaucoup question, ce matin, d’une lettre de démission adressée par Bernard Kouchner à son patron au mois d’août [^2], lettre dont Le Nouvel Observateur assure avoir eu communication dans son édition de ce jeudi. Et restée sans suite à ce jour, car refusée par le Prince (mais qui semble confirmer que le remaniement attendu signera la fin du bail du french doctor sous les ors du Quai d’Orsay, et celle d’une carrière politique sans gloire).
Parmi les raisons invoquées par le démissionnaire, quelques scrupules de l’homme de gauche qu’il affirme être resté confronté à « l’inflexion sécuritaire » de la politique gouvernementale (comme si la création, dès le début du quinquennat, du ministère de l’identité nationale où s’illustre cette autre « prise de guerre » de Sarkozy qu’est l ‘affreux Besson ne suffisait pas à donner la gerbe !) ; mais, bien plus déterminant sans doute, le fait que le traitement de la politique étrangère est, plus encore que tout le reste, le fait du Prince et de ses conseillers tout puissants : ministre (vraiment) étranger aux Affaires, Kouchner évoque dans cette lettre (jamais reçue …) les « humiliations subies » au poste pourtant tant convoité …
Mais laissons cela : si l’on veut un dossier bien saignant, bien consistant sur « la tragédie de Kouchner au Quai d’Orsay (qui) dépasse le fait d’avoir transformé ses principes en paillasson » , on lira avec profit la solide enquête de Thomas Cantaloube sur Médiapart .
Ce que j’ai envie de souligner ici, c’est l’incroyable complaisance de l’autre Bernard — Guetta —, ce matin, dans sa chronique de France-Inter.
Certes, Lou Ravi de la chaîne à l’inoxydable optimisme (l’Europe, c’est formidable, les pourparlers de paix au Proche-Orient, c’est du sérieux, etc.) ne cache pas l’échec de son vieil ami ministre — il serait difficile de faire autrement !
Mais c’est pour mieux tresser, à « l’inventeur de l’ingérence humanitaire » , à cette « très grande figure du XX ème siècle » une couronne somptueuse, que dis-je, une auréole, tenez-vous bien, Kouchner est « la sorte d’homme dont l’Eglise fait des Saints » , pas moins !
Oublié le Rastignac toujours en quête d’une parcelle de gloriole, quelque reptation [^3] qu’elle nécessite ; oublié le Narcisse à l’affût de la moindre caméra ; oublié le communicant aux discours ampoulés et à la gestuelle de bateleur de foire ; oublié, surtout, les conflits d’intérêts, l’homme avide aux douteux et juteux rapports avec les dictateurs africains ou asiatiques et qui forme avec son épouse Christine Ockrent, aussi rapace que lui, un couple joliment surnommé « les Thénardier » !
Bé non ! Pour Guetta, monsieur K. est en odeur de sainteté …
On s’étonne de l’inoxydable popularité du Bienheureux dans les sondages [^4] .
Elle s’explique fort bien par la complaisance médiatique et le spécial-copinage.
Bernard Tapie, Bernard Kouchner, Bernard Guetta : ah, les Nanards ! Ça me donne envie de changer de prénom !
[^2]: Qu’on affirme ce soir à l’Elysée n’avoir jamais reçue, la Poste n’est plus ce qu’elle était …
[^3]: Voir son communiqué, ce soir encore : «Je souhaite réaffirmer que mes rapports avec le Chef de l’Etat ont toujours été empreints de loyauté et de sincérité.»
[^4]: une popularité qui, du reste, ne lui a jamais permis de gagner une élection …
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