L’avènement de Marine Le Pen à la tête de la PME familiale n’étant pas vraiment une surprise, ce qui importe maintenant est de savoir ce qu’elle fera de l’héritage, et quel destin attend — non pas tant le parti qu’elle prend en charge, et qui ne sera pas si facile à gérer (problèmes de sous, divisions internes lourdes …) —, mais la fille du chef elle-même, cette robuste Walkyrie dont on aurait tort de sous-estimer les qualités de battante et un réel charisme auquel sont sensibles ces masses d’électeurs « petits blancs » en déshérence, son cœur de cible électorale.
« Marine Le Pen sera ministre dans moins de dix ans » , affirme la philosophe Cynthia Fleury dans Marianne2. « 2012, c’est trop tôt. Le grand moment pour elle c’est 2017, quand elle aura déjà créé un nouveau visage du FN, et qu’on pourra analyser cette mue. »
En somme, une évolution à la Gianfranco Fini, qui a réussi à faire oublier ses origines néo-fascistes et représente, sur l’échiquier italien, un désormais respectable centre-droit …
Mais pour que le pronostic d’une Marine Le Pen ministre se confirme, encore faut-il compter sur une évolution de la droite classique dans la façon dont elle envisage ses rapports avec le parti d’extrême droite.
A considérer les attitudes et les propos de bon nombre d’élus de l’UMP, cette évolution semble bien engagée. D’ailleurs, les différences entre le sarkozisme et le lepénisme light incarnée par Marine, ne sautent pas aux yeux !
J’ai toujours pensé que le moteur qui alimentait Jean-Marie Le Pen était une soif de reconnaissance sociale, et que l’ancien plus jeune député de France (poujadiste) de 1956 n’aurait pas pris une trajectoire aussi radicale si « l’Etablissement » , comme il dit, avait eu la bonne grâce de reconnaître ses qualités de tribun et lui avait offert (comme à tant d’autres, mieux nés …) une place au chaud et un couvert au grand banquet républicain.
Repoussé et humilié par ses pairs, l’ancien pupille de la nation a choisi de contourner l’obstacle. Il y sera presque arrivé.
Et il y a aujourd’hui de bonnes chances, en effet, pour que la fille venge l’affront fait au père …
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