Tunisie : À Kasserine, un retour au calme incertain
Au coeur de la Tunisie, une accalmie très incertaine fait suite à trois jours de soulèvement sans précédent. À Kasserine, la population est retournée dans la rue tôt ce matin. Reportage exclusif.

La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre a dégénéré depuis le week-end dernier dans les villes voisines de Thala et Kasserine, dans le centre du pays, à 300 km au sud-ouest de Tunis. À plusieurs reprises, les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur les manifestants, faisant au moins une vingtaine de morts. Après un terrible chaos de trois jours, Kasserine semble néanmoins ce matin se réveiller dans un calme précaire. L'accalmie fait suite à la décision tardive du président Zine el-Abidine Ben Ali d'intervenir à la télévision hier lundi, en fin d'après-midi.
Reconnaissant à demi-mot l'ampleur des événements, le chef de l'Etat tunisien a décidé de fermer les établissements scolaires et universitaires du pays pour une durée indéterminée. Une première « reculade » selon le journaliste tunisien Taoufik Ben Brick, qui estime que le régime n'est pas en mesure de gérer la crise comme il l'imaginait. Dès lors, dans les rues à Kessarine, les manifestants ont rapidement constaté un affaiblissement de la répression
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