Les Jeudi noir expulsés : « Le pouvoir s'attaque aux mal-logés plutôt qu'au mal logement »

Les militants du collectif Jeudi noir ont été expulsés, ce vendredi 17 février au petit matin, de l'immeuble parisien appartenant à Axa qu'ils occupaient depuis fin décembre, près de l'Elysée. Témoignage de Margaux Leduc, du collectif Jeudi noir, à Politis.fr.

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« Tout s'est passé très rapidement, l'expulsion n'a pas duré plus de six minutes. À 7h15 ce matin, nous nous sommes rendu compte que les forces de l'orde arrivaient. Nous nous sommes enchaînés à des grilles collées aux vitres, devant la porte d'entrée, pour essayer de ralentir l'expulsion.

Nous étions 21 dans l’immeuble face à environ 150 policiers en tenue de combat et des équipes de la Brigade anti criminalité. Ils sont arrivés en courant et nous ont chargés avec un bélier, sans ménagement. Ils ont cassé les vitres devant lesquelles nous étions enchaînés et certains copains ont été blessés par des éclats de verre.

Ils nous ont détachés et nous avons été immobilisés au sol. Le préfet est venu discuter avec moi pour me demander d'aller dire à tout le monde de descendre et que nous pourrions partir dignement. Pourtant, une poignée de secondes après, les policiers m'ont attrapée pour m’emmener.

Ils disent qu'il n'y a « pas eu de débordement » mais nous avons été blessés. Ils appellent cela comme ils veulent mais c'était de la violence policière. C'est le règne de l'arbitraire.

Très peu de temps après la charge, nous avons été embarqués dans un car de police en direction du commissariat du 11ème arrondissement de Paris. Là encore, ça a été très rapide. Les officiers ont relevé nos identités, nous ont fouillés, et nous ont laissé repartir.

Après cette nouvelle expulsion, nous sommes forcément amers. Le pouvoir s'attaque aux mal-logés plutôt qu'au mal logement. Ce coup de force est une baffe à tous ceux qui ont des problèmes de logement qui impactent tous les aspects de leur vie.

Le gouvernement fait semblant d'être efficace, avec ses gros bras, pour masquer l'échec de sa politique. En France, il y a 10% de logements vacants et 10% de mal logés. Le tout, parce que l'État ne fait rien pour pousser les propriétaires à mettre leurs immeubles en location. Ils construit des HLM de luxe, à des prix inaccessibles pour la majorité des gens... »

Le collectif Jeudi noir a posté, ce vendredi, une vidéo de l'intervention sur Dailymotion :


Jeudi Noir: Assaut du 22 avenue Matignon
envoyé par jeudinoir. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

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-La Fondation Abbé Pierre a rendu, le 1er février, son rapport annuel sur la situation du mal logement en France. Un bilan dramatique sur fond d’inaction des pouvoirs publics.

  • Lire le reportage de Politis.fr , le 5 novembre 2010, sur le rassemblement d'un collectif d'associations contre le désengagement de l'État de la politique du logement.


Photos : BERTRAND LANGLOIS / AFP


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