Michel Boujut déserte …

… et cette fois, c’est pour toujours

Bernard Langlois  • 30 mai 2011
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L’annonce de la mort de Michel Boujut (71 ans, hépatite foudroyante) me fait de la peine.


Illustration - Michel Boujut déserte …


Boujut, vous voyez qui ? Il fut, dans les années 80, le producteur, sur Antenne 2, d’un grand magazine sur le cinéma, sa passion de toujours, justement nommé : Cinéma, cinémas .

Un magazine trop intelligent pour qu’on ne le passe sans raison à la trappe, quand le service public de télévision a commencé peu à peu à sombrer dans ce mercantilisme qui est la marque de l’époque. Boujut a continué à nous parler finement du cinéma sur des chaînes plus confidentielles, ou dans la presse écrite : il fut, jusqu’au bout, un très grand critique.

Il fut aussi — et c’est moins connu sans doute — ce jeune homme d’une vingtaine d’années qui refusa de porter les armes et de participer au massacre du peuple algérien, dans ce que l’on déniait alors être une guerre.

Déserteur, comme dans la chanson (interdite à l’époque) de Boris Vian. Réfugié en Suisse, avec une poignée d’autres réfractaires, pour échapper à la prison.

Je l’avais croisé un peu plus tard, vers la fin des années soixante, dans la belle équipe réunie par Paul Noirot, qui réalisait chaque semaine, dans les pires difficultés financières, ### Politique Hebdo. Il y tenait, bien sûr, la rubrique cinéma.

C’était un homme d’une grande culture et d’une non moins grande urbanité, alliant à une belle fermeté de convictions, une douceur d’expression toute charentaise, son terreau d’origine.

C’est ainsi, du moins, que je me le rappelle.

Un type bien.

A lire : un bel hommage sur [Mediapart->http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/050111/boujut-et-lalgerie-mon-colonel-jai-pris-la-grave-decision-de-deserter] …
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