« On pensait qu’en France la vie était belle »
Au bout d’un périple épuisant, des centaines de jeunes Tunisiens sont arrivés à Paris dans une extrême détresse. Rencontres, quelques heures avant une importante vague d’interpellations.
dans l’hebdo N° 1151 Acheter ce numéro

À Djerba, Sidi Mohamed raconte qu’il était « escroqueur de touristes » . Il revendait des petits riens le long des plages. Après la chute de Ben Ali le 14 janvier, il a laissé sa vie de débrouille pour prendre la mer. Pour 1 500 dinars environ (1 000 euros), il a rejoint l’île italienne de Lampedusa, avant d’être transféré sur le continent par avion et de rejoindre la France via Vintimille, à la frontière franco-italienne. Aujourd’hui, sa désillusion est immense. « Vous êtes mauvais ici, lance le garçon fluet dans un français tâtonnant. Il n’y a personne pour nous aider, personne pour nous donner à manger. Nous pensions qu’en France la vie était belle, qu’il y avait tout ce qu’il faut. Nous n’aurions jamais cru devoir dormir dans des jardins, même pas dans nos cauchemars. »
Entre 200 et 300 jeunes Tunisiens, sans famille pour les accueillir en France, se sont regroupés dans des parcs en bordure de Paris,
