1936 : quand les rêves ne se réalisent pas, c’est parce qu’ils ne sont pas assez beaux

Claude-Marie Vadrot  • 5 juillet 2011
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C’est l’un des slogans que j’ai retenu de la magnifique évocation du Front Populaire diffusée mardi soir par France 2. Patrons, syndicats, les méchants et les gentils tenaient leurs rôles sans prendre vraiment conscience des immenses espoirs soulevés. Tout comme tenaient leur rôle les Bayrou de l’époque, les radicaux prétendument socialistes, craignant que la classe ouvrière et les classes moyennes ne prennent définitivement le pouvoir. Donc centristes éternellement traîtres à leur pays et alors en plus à l’Espagne, traîtres à ceux qui les avaient élus et maîtres marionnettistes de la politique. Ils ont trahi, mais restent les magnifiques images des premiers congés payés et de l’essor des Auberges de Jeunesses. Combien de fois mon grand-père, ouvrier peintre en bâtiment, m’a expliqué ces journées magnifiques, je ne sais plus. Mais cet anarchiste disait comme Thorez : démocratie ou fascisme, la question était posée et nous avons mal répondu. Cinquante ans plus tard il racontait ces deux années merveilleuses avec une extraordinaire lumière dans les yeux et ce que tout le monde appelait alors « la semaine des deux dimanches » dont il fut un jeune bénéficiaire.

L’évocation de mardi soir nous montre le chemin : une insurrection des esprits et des idées pour balayer le mur de l’argent et des grandes familles devenus des Fonds de pension. Mais qui sera le Daladier qui brisera de nouveaux rêves et enterrera un nouveau Front Populaire comme il le fut le 30 novembre 1938 ?

Est-ce que, comme en mai 1936, un jour prochain, tout sera possible ? Ou est-ce que Nicolas Sarkozy continuera à venger la classe dominantes des quelques acquits du passé en les détruisant ?

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