L’escroquerie de la semaine: la fête de la gastronomie de l’UMP Frédéric Lefebvre
Pour mesurer « l’intérêt » de la Fête de la gastronomie célébrée pour la première fois ce week-end de fin septembre, il suffit de savoir que cette « manifestation » (dite culturelle) est essentiellement organisée et a été inventée par Frédéric Lefebvre, sous-ministre au Tourisme et ex-aboyeur de l’UMP. Et elle est patronnée par des organismes aussi désintéressés que le Centre d’Etudes et de Documentation du Sucre dont l’objectif est d’en faire mettre le plus possible dans les desserts industriels, l’Association Nationale des Industries alimentaires dont l’intérêt pour la malbouffe se visualise à tous les coins de gondoles, le Syndicat national de la Restauration publique dont l’affection pour les nouilles, les frites, le poisson pané et le hachis Parmentier est de notoriété publique, le Syndicat national de l’Alimentation et de la restauration publique dont les molles pizzas, les burgers et le sandwiches à la mayonnaise industrielle et à la salade fatiguée sont célèbres dans toute la France ou en encore Servair-Aéroport de Paris connu pour servir sur Air France et d’autres compagnies aériennes des « nourritures » que je n’oserais pas proposer à mon chat. J’en passe, et des meilleurs, comme Carrefour pour la grande distribution, Lesieur et ses huiles incertaines ou Elle et Vire, spécialiste des beurres moulés à la même louche industrielle que ses fromages.
Vous ajoutez à cela une brochette de « Grands Chefs » autoproclamés qui, loin de leurs restaurants étoilés, mitonnent des plats industriels saupoudrés d’un faux savoir-faire qu’ils vendent des fortunes. Ce qui revient à faire subventionner par les gogos de consommateurs se fournissant en grandes surfaces, les repas gastronomiques de leurs gargotes aux additions très salées pour VIP.
Voici donc la réalité de cette journée de la gastronomie que l’on nous sert à toutes les sauces de la communication dans les gazettes, la radio et à la télévision. Histoire de faire oublier les saloperies vendues dans les grandes surfaces avec des noms chatoyant appuyés sur des labels mensongers et des références au « terroir ». Ce qui permet, trois exemples entre mille, de vendre du cassoulet avec 15% de viande, du hachis Parmentier surgelé avec 80 % de purée industrielle et des yaourts « aux fruit » qui en contiennent entre 4 et 6%…
Il existe une autre réalité à laquelle les consommateurs sont quotidiennement confrontés dans les gargotes et restaurants qui leur proposent des « produits maisons » alors qu’ils ne servent, dans 80 % des cas, que ce qu’il est convenu d’appeler de la cuisine d’assemblage. Laquelle consiste à mélanger, avant passage au micro-onde, des sachets de viandes, de légumes et de sauces vendus congelés par l’industrie alimentaire. Il faut savoir que la législation permet ce genre d’escroquerie qui fait passer des vessies pour des lanternes et de la bouffe industrielle pour du mitonnage de chef. En effet, il suffit que le chef (disons l’assembleur) ajoute lui-même le sel, un peu de persil ou d’aromates pour que la « chose » devienne par miracle un plat maison. C’est la loi. Ainsi, la célèbre « crème brûlée maison » qui hante les cartes de restaurateurs n’est rien d’autre qu’une crème industrielle aux ingrédients inconnus que le restaurateur aura lui-même saupoudré de sucre pour organiser le brûlage en une minute de gril de four à micro-ondes…
Cet événement, qui n’est rien d’autre qu’une gigantesque opération de communication pour le gouvernement a choisi comme sous titre « La fête du fait maison ». Car il parait, affirment les communicants à l’oeuvre dans les sociétés de cuisine industrielle, que cette expression est très tendance, comme le rappellent les restaurateurs qui grugent le consommateur.
Une escroquerie digne de son inventeur et aussi indigeste que la réduction de TVA accordée aux « restaurateurs-électeurs »!
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