Serge Dassault se lâche

Au cours d’une réunion sur le thème de la lutte contre les délocalisations organisée mercredi matin au siège de l’UMP, Serge Dassault, assis dans le public, s’est laissé aller à quelques confidences sur sa conception du marché du travail devant une salle conquise. Florilège.

Xavier Frison  • 8 février 2012
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Serge Dassault se lâche
Serge Dassault est sénateur UMP de l'Essonne et patron du groupe Socpresse qui édite Le Figaro. L'ancien maire de Corbeil-Essonnes a fait fortune dans l'industrie de l'armement.
© Jacques Demarthon / AFP

« Pourquoi on ne va pas plus vite aux 39 heures ? On ne travaille pas assez en France , on le dit depuis des années. Donc il faut travailler plus.

Quel est l’élément qui empêche d’embaucher ? C’est la rigidité du travail. On n’a pas compris en France que l’on n’embauche pas par plaisir, on ne licencie pas par plaisir.

On embauche parce qu’on a du boulot et parce qu’on veut le faire et qu’on n’a pas assez de personnel. Et puis si le boulot est fini et qu’on a trop de personnel, il faut le licencier. Avec des avantages peut-être, comme on le prévoit, mais c’est évident.

Il faut aussi libéraliser les CDD. Les CDD sont encadrés, on a droit à 6 mois, on a droit à 1 an, il faut faire ceci cela… Le CDI n’est pas la panacée universelle.

On parle d’emploi précaire, bien sûr, mais tout est précaire dans la vie, la santé est précaire, la vie est précaire, le travail est précaire. On n’y peut rien, c’est comme ça ( applaudissements de la salle ).

Et puis je voudrais dire aussi une chose dont on ne parle pas : l’I-S-F. Catastrophe économique qui a fait partir des milliers d’industriels et qui les fait encore partir maintenant parce qu’ils ont peur des socialistes. L’ISF, c’est quoi ? C’est les gens riches, alors oui, oui, mais il n’y a plus assez de riches pour payer, et ceux qui restent vont partir à cause de Hollande (applaudissements) .

Et si les riches sont partis, qui va investir ? Qui va développer ? Qui va faire la croissance ? Qui va créer des emplois ? C’est pas les pauvres. Alors les riches c’est bien, il faut les garder (applaudissements) .

La réduction des coûts, c’est quoi ? C’est la robotisation. Il faut robotiser, il faut automatiser la production. C’est comme ça que l’on peut produire en France moins cher qu’ailleurs. Dassault systèmes réalise des logiciels qui permettent d’automatiser, de fabriquer moins cher, et qui sont utilisés aujourd’hui par tous les fabricants de voitures du monde entier et tous les fabricants des avions commerciaux, y compris des Américains. Alors, on n’est pas si mauvais que ça !  »

Politique
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