Le pire et le meilleur des spots de campagne officiels

L’exercice des spots officiels de campagne est unique en son genre et répond à une série de règles bien précises édictées par le CSA. Les archives de l’INA nous offrent un instructif voyage dans le passé.

Politis.fr  • 9 avril 2012
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Le pire et le meilleur des spots de campagne officiels

Lecture face caméra ou vraies-fausses interviews, l’exercice est souvent ringard, presque toujours aseptisé. Depuis ce lundi 9 avril et jusqu’au premier tour du scrutin, chaque candidat dispose de 43 minutes d’antenne pour sa communication officielle à raison de dix spots courts de 1 minute 30 et huit spots longs de 3 minutes 30 (2 et 5 minutes pour le second tour).

Sous le contrôle du CSA, des salles de tournage, de montage, et des équipes pour les films extérieurs ont été mises à disposition par France Télévisions. Les candidats peuvent choisir le réalisateur et le lieu de tournage, mais doivent rester dans les clous d’une série de règles assez strictes. Les images de drapeaux français sont par exemple interdites, sauf dans les scènes de meeting, ainsi que les symboles régaliens ou les images de troubles à l’ordre public.

Petit tour d’horizon des quelques perles qu’on produit l’exercice :

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En 1974 , Arlette Laguiller est à 34 ans la première femme à se présenter à l’élection présidentielle.

René Dumont est alors le premier candidat écologiste à un scrutin présidentiel. En fin d’allocution, il brandit «un verre d’eau précieuse» .

Illustration - Le pire et le meilleur des spots de campagne officiels

Parmi les 12 candidats à la présidentielle en 1974, Jean-Marie Le Pen apparaît aussi pour la première fois. Bandeau en travers du visage, il se pose en candidat de «l’opposition nationale» et insiste sur la «menace soviétique [qui se fait] plus pressante» face à «une Europe en pleine désintégration» . Il appelle à ne pas voter «pour le socialo-communiste François Mitterrand» , qui entrainerait la France «dans une dictature militaire ou des communistes». «N’oubliez jamais Budapest, Prague ou Santiago du Chili» , lance le candidat d’extrême-droite.

En 1981 , le président sortant Valéry Giscard d’Estaing, qui a dû gérer la crise de 1974 à la tête de l’État, tente de se poser en «candidat de l’espoir» , car dit-il, «je suis celui qui a posé les fondations» . Jacques Chirac propose de son côté une «autre manière de gouverner» , au service de «plus de liberté» . Le maire de Paris, opposant à Valéry Giscard d’Estaing au sein de la majorité sortante, prévient surtout que le vote Mitterrand «est un changement radical de société qui comporterait l’arrivée des communistes au pouvoir» .

Illustration - Le pire et le meilleur des spots de campagne officiels

En 1995 , l’autoproclamé « candidat [qui] répond au besoin d’espoir et de changement des Françaises et des Français» , est Edouard Balladur, qui défend le bilan de ses deux années à Matignon sur l’emploi.

La même année, Lionel Jospin présente un clip sur les valeurs de la République en articulant son discours autour de l’école et de la laïcité aux côtés de Martine Aubry et Bernard Kouchner:

Philippe De Villiers, qui surjoue légèrement son rôle de pourfendeurs des cols blanc, promet de «mettre au pas les technocrates de Bruxelles» .

En 2002 , le racisme primaire de Bruno Mégret s’exprime dans une série de sketch presque comique. Le candidat du MNR recueillera finalement 2,34% des suffrages exprimés.

Illustration - Le pire et le meilleur des spots de campagne officiels

Dans l’un de ses spots de campagne en 2007 , Nicolas Sarkozy résume ses priorités en trois idées : « le plein-emploi, l’intégration et la maitrise de l’immigration» . «Je refuse le nivellement, l’égalitarisme et l’assistanat» , ajoute le ministre de l’Intérieur.

Ségolène Royal se présente de trois-quarts profil et veut croire que « le temps des femmes est venu» à la présidence de la République.

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