Israël accède aux demandes des prisonniers palestiniens

Les 2000 détenus qui dénoncent leurs conditions de détention ont cessé leur grève de la faim après la signature d’un accord avec Israël. Une victoire historique.

Erwan Manac'h  • 14 mai 2012
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Israël accède aux demandes des prisonniers palestiniens

Thaer Halahleh et Bilal Diab, en grève de la faim depuis plus de 70 jours, sont en danger de mort. Incarcérés dans les prisons israéliennes au titre de la « détention administrative », ils font partie avec cinq autres des initiateurs d’une grève de la faim collective sans précédent. Le 17 avril, journée nationale des prisonniers palestiniens, 1550 détenus palestiniens se sont joints à leur mouvement, auxquels se sont depuis ajoutés 400 autres.

Leur état de santé et la médiation de l’Égypte ont fait évoluer la situation lundi 15 mai. Selon l’AFP, Israël a accédé aux trois principales revendications des prisonniers : la détention administrative sans jugement sera limitée, l’isolement carcéral sera levé dans les 72 heures à compter de la signature de cet accord et des autorisations de visites seront données pour les prisonniers originaires de Gaza, en échange d’un engagement signé à « s’abstenir de tout acte de terrorisme », ainsi que de toute nouvelle grève de la faim. Les représentants des prisonniers palestiniens ont signé l’accord dans la prison d’Ashkelon pour mettre un terme à leur grève de la faim.

« Tous les détenus administratifs seront libérés à l’issue de leur période de détention en cours, à moins que de nouvelles preuves ne soient présentées contre eux » , a indiqué le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Bet.

Deux grévistes de la faim en danger de mort

Les deux Cisjordaniens en danger de mort, âgés de 34 et 27 ans, ont été incarcérés en juin 2010 et août 2011 au titre de la « détention administrative ». Ce régime, qui concerne près de 300 Palestiniens, permet à l’armée israélienne de garder une personne pour 6 mois renouvelables indéfiniment, sans jugement, sur la base de preuves souvent gardées secrètes.

« Parmi les 4600 prisonniers palestiniens, 400 sont malades dont 18 atteints du cancer. Ils n’ont pas accès aux soins , raconte aussi Claude Leostic, présidente de la Pla­te­forme des ONG pour la Palestine. Depuis 2006 et la prise du pouvoir dans la bande de Gaza par le Hamas, certains détenus gazaouis n’ont plus eu la possibilité de voir leur famille. L’isolement et la torture restent aussi très pratiqués », ajoute la militante.

En France, un collectif d’associations autour d’Amnesty International et de l’Association France Palestine solidarité a donné un écho à la mobilisation sur place, en dénonçant lundi « les mesures puni­tives quo­ti­dien­nement infligées aux pri­son­niers pales­ti­niens, telles que l’isolement et le refus régu­liè­rement opposé aux familles et aux avocats qui veulent visiter les pri­son­niers ». Les prisonniers originaires de la bande de Gaza, en particulier, n’ont droit à aucune visite.

Dimanche, le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé son inquiétude devant « la situation extrêmement dangereuse des prisonniers. Certains d’entre eux risquent des lésions très graves, ce qui serait un désastre national que personne ne saurait tolérer » , a-t-il prévenu. L’Organisation mondiale de la santé, puis Tony Blair, envoyé spécial du Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Russie, UE et ONU) se sont également dits «  inquiets » de l’état de santé des prisonniers palestiniens.

D’autres détenus était en danger lundi 14 mai, selon l’avocate de l’ONG palestinienne Addameer, Mona Neddaf, qui a pu rendre visite lundi à plusieurs grévistes de la faim. Elle alerte notamment sur la situation de Hassan Safadi, en grève de la faim depuis 71 jours, et Omar Abou Shalal (69 jours).

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À lire dans le prochain n° de Politis : Le cri d’alarme de Salah Hamouri.  


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Mise à jour, mardi 15 mai 2012 : ajout des termes de l’accord signé entre les prisonniers palestiniens et Israël.

Monde
Temps de lecture : 3 minutes
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