Budget : le gouvernement lance la « Map », une « RGPP socialiste »

Le gouvernement lance mardi 18 décembre son programme de Modernisation de l’action publique (Map), en lieu et place de la RGPP. Les objectifs sont inchangés.

Erwan Manac'h  • 18 décembre 2012
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Budget : le gouvernement lance la « Map », une « RGPP socialiste »
© Photo : AFP / BERTRAND GUAY

Il s’agit officiellement d’une nouvelle « méthode » au service des mêmes objectifs. Le comité interministériel qui se réunit ce mardi à Matignon pour élaborer sa politique de Modernisation de l’action publique (MAP) doit poursuivre « rapprocher l’administration des citoyens et simplifier les démarches » .

Sur le fond, ce nouveau programme interministériel co-piloté par Matignon et le ministère de la Réforme de l’État vise surtout à faire des économies dans les dépenses publiques. Un remake du plan de Révision générale des politiques publiques (RGPP), qui a siphonné les dépenses publiques sous Sarkozy.

Le gouvernement a pris ses distances avec la politique de son prédécesseur et le non-remplacement d’un départ à la retraite sur deux qui a coûté environ 65 000 postes de fonctionnaire, selon un récent rapport très critique des trois inspections générales (administration, finances et affaires sociales). Mais le pouvoir socialiste se place d’entrée dans un « cadre budgétaire contraint ».

Contenir les dépenses publiques

50 milliards d’euros doivent être trouvés en cinq ans, selon l’engagement de François Hollande, auxquels s’ajoutent 10 milliards en 2014-2015 pour financer les baisses d’impôt aux entreprises pour la compétitivité, annoncé début novembre (lire sur Politis.fr). Des crédits devront aussi être redéployés d’un ministère à l’autre pour le financement des priorités du quinquennat socialiste : l’école, la justice, le contrat de génération, le coup de pouce au RSA, etc. : « Il est hors de question que des dépenses nouvelles ne soient pas gagées par des économies. Elles le sont toutes », assurait le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, dans le Journal du Dimanche .

Le gouvernement se fixe donc le cap d’une augmentation annuelle des dépenses publiques de 0,5 % par an, au lieu des 0,7 % annoncés jusque-là (et 1,1 % pendant la campagne présidentielle).

Logement, retraites, formation professionnelle au programme

Parmi les 40 secteurs à passer au peigne fin en 2013, figurent dès janvier les quelques 6 000 dispositifs d’aides directes aux entreprises, la politique d’aide au logement, les aides agricoles, les niches fiscales d’Outre-mer, la politique familiale, le pilotage de l’allocation adulte handicapé, la vie étudiante. Viendront en avril et en juillet les zones d’éducation prioritaire, le spectacle vivant, la sécurité routière et la formation professionnelle. Matignon compte aussi sur « l’administration numérique » et la « simplification » des démarches administratives pour dégager des économies budgétaires.

La « rationalisation » touchera également les quelques 556 « opérateurs de l’État » (universités, Météo France, etc.) qui représentent 435 000 emplois et 50 milliards d’euros annuels. Quant aux retraites, « on ne peut pas imaginer de ne pas y faire d’économies quand on voit la dépense qu’elles représentent », indique une source gouvernementale citée par l’AFP. Une réforme est prévue pour 2013.

Si les socialistes insistent sur la nécessité de mener cette politique dans le « dialogue », ils devront aller vite. En plus des 10 milliards d’euros d’économies prévus pour 2014, Bercy recherche, selon la même source gouvernementale, 8 à 9 milliards d’euros supplémentaires ainsi que 7 milliards pour 2015.

Économie
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