Étonnante remontée du centre-gauche en Italie
Aux élections les municipales italiennes, les listes constituées autour du Parti démocrate l’emportent dans la plupart des principales villes. Et surtout, très nettement à Rome.

Un résultat inattendu. Après le résultat mi-figue mi-raisin des élections législatives de février dernier qui n’avait pas permis à la gauche de prendre l’avantage sur la droite berlusconienne ni de remporter la majorité au Sénat du fait de la forte poussée des listes du comique Beppe Grillo, les élections municipales, qui se sont déroulées ces dimanche et lundi 9 et 10 juin, ont été marquées par une victoire dans quasiment toutes les principales communes où avaient lieu le scrutin.
Grillo s’effondre, le centre-gauche décolle
La première surprise vient de l’effondrement soudain des listes Grillo, qui ont du mal à dépasser dans beaucoup de villes la barre des 8-9% – alors qu’en février elles avaient dépassé les 25%. La seconde est la victoire écrasante à Rome – avec plus de 63% des voix – de la liste de centre-gauche, alliée au petit parti plus à gauche Gauche écologie et liberté (qui avait dépassé les 6% au premier tour). Elle bat celle du maire sortant, Gianni Alemanno, qui ne cachait pas son passé néofasciste et se plaisait lors de la campagne précédente à laisser dépasser sa croix celtique de son col de chemise…
Cette reprise de la capitale par le centre-gauche est notamment due, en dépit d’une forte abstention (plus de 55%), à une hausse importante des suffrages en sa faveur dans les banlieues très défavorisées de la Ville éternelle, largement abandonnées par la puissance publique, en particulier la municipalité en place ces dernières années.
La gauche, aidée par l’abstention
Mais la victoire du centre-gauche s’étend aussi à des lieux plus inattendus, comme les (anciens) bastions lombards de la xénophobe Ligue du Nord, Trévise ou Brescia. Tout comme elle est nette en Ligurie, avec un score écrasant à Imperia, dans les Marches ou même dans certains chef-lieux de provinces du Mezzogiorno, pourtant traditionnellement très conservateur, en Campanie, dans les Pouilles ou le Latium.
Enfin, à Sienne, bastion du Parti démocrate, lointain héritier du PCI qui a gouverné la ville depuis la Libération, le centre-gauche l’emporte finalement de peu, alors qu’il était en très mauvaise posture au départ. Sa municipalité sortante avait en effet été fortement éclaboussée par le scandale de trafics d’influences qui a secoué la troisième banque du pays, historiquement originaire de cette ville et la plus vieille du monde, le Monte dei Paschi di Siena (créée en 1472!). La liste d’opposition à celle du Parti démocrate, qui avait vu l’alliance d’anciens militants de gauche écœurés par ce scandale et une partie de la droite, n’atteint finalement que 48%…
Tous ces résultats montrent donc une certaine poussée de la gauche, qu’il s’agit néanmoins de tempérer par la forte abstention, dans un pays où la participation est traditionnellement soutenue, même si elle baisse de manière continue à tous les scrutins depuis une quinzaine d’années. Mais l’équilibre précaire au niveau national des deux blocs de l’échiquier politique, s’il est un peu secoué par ces résultats, ne devrait pas remettre en cause le gouvernement contre-nature gauche-droite. Arithmétique parlementaire oblige.
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