Le rendez-vous du 10 septembre
Quatre organisations syndicales, qui semblent bien en l’occurrence majoritaires, viennent d’appeler ensemble à manifester le 10 septembre contre une énième réforme des retraites. Les rapports se succèdent fondés sur approches chiffrées discutables. Les recettes sont les mêmes. Il y a peu elles étaient condamnées par le PS lui même. Ce qui se profile semble entériner en fait l’impuissance vis-à-vis des questions d’emplois et de salaires qui sont au cœur des déséquilibres des comptes sociaux. Et l’ESS dans ce débat ?
L’allongement de la durée de cotisation devrait être au cœur du dispositif proposé par le gouvernement de Jean-Marc Eyrault, alors que beaucoup de spécialistes s’interroge sur l’opportunité, mais tout autant sur la nécessité d’ouvrir un tel débat.
L’explication qui vient immédiatement à l’esprit est la volonté de paraître un « bon élève » de la classe européenne, alors que la France a déjà été plus loin en ce domaine que l’essentiel de ses partenaires.
Devant cette nouvelle réforme qui retrouve, hélas, les ressorts des réformes Balladur et Sarkozy, des syndicats réagissent tandis que d’autres semblent devoir se préparer à affronter des débats internes comme ceux qui les marquèrent en 2003 ou en 2010.
CGT, FO, Solidaires et la FSU ont signés un communiqué commun appelant à la manifestation dès le 10 septembre http://www.cgt.fr/Communique-des-organisations,40379.html.
En 2010, l’Economie sociale s’était invitée au débat à travers l’UMR (Union Mutualiste Retraite) et le CEGES et le GEMA avaient appuyé sa démarche http://rencontres-sociales.org/spipdev/spip.php?article1890.
_ L’UMR avait notamment ouvert un débat sur la prise en compte de la question essentielle de l’espérance de vie en bonne santé.
_ Or sur cette question la situation de très nombreux salariés n’a pas changé, voire s’est légèrement dégradée http://www.inserm.fr/espace-journalistes/esperance-de-vie-en-bonne-sante-dernieres-tendances. On est heureusement loin de « la retraite des morts » que dénonçait dans les années 30 la CGT. Mais un gouvernement se réclamant de la justice sociale ne devrait pas repousser cette question fut-ce sous d’impératifs motifs financiers.
_ Le dispositif « pénibilité » arraché lors de la précédente réforme était si cadenassé qu’il n’a profité qu’à quelques milliers de salariés. Et aujourd’hui le MEDEF refuse absolument que cette question de la pénibilité soit évoquée à nouveau. Et pourtant les études pour les CHSCT, les études de santé au travail, les travaux des chercheurs concluent tous à une aggravation de la situation d’un nombre croissant de salariés et pas seulement dans l’industrie mais au sein des grandes entreprise de services, des structures de service à la personne, dans le secteur de la santé…
On voit là que le secteur mutualiste se trouve confronté à cette question qu’elle soulevait il y a trois ans.
_ Nous voulons croire que malgré l’actualité chargée de l’ESS, il prenne, et avec lui les institutions de l’Economie sociale, la parole dans un débat qui ne peut pas être laissé aux seules études actuariales.
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