Festival du Vent: un film navrant et sans réflexion sur le « pirate » Paul Watson
Débat de très bonne tenue sur « les océans, notre terre » animé par Jean-Louis Caffier avec Isabelle Autissier et quelques autres, discussion qui a permis de rappeler à quel point la mer était menacée, dans l’indifférence quasi-générale, par les terriens et le réchauffement climatique.
De quoi faire oublier le navrant film (1) de Peter Jay Brown consacré au canadien Paul Watson, le fondateur en 1977 de l’association Sea Shepherd (en français berger des mers…). Ce film de commande qui dure 90 longues, très longues minutes est une véritable ode à celui qui se présente comme le « pirate des temps modernes » (sic). Non seulement le spectateur voit sa tête et doit boire ses paroles en moyenne toutes les 30 secondes, mais en plus le film fait disparaitre la moindre réflexion (si elle existe…) au profit de l’action, des bateaux qui se poursuivent et s’entrechoquent. Avec en prime un mépris souverain affiché pour les Indiens, les Péruviens ou les habitants des Iles Féroé qui ne pensent pas comme le « capitaine courageux » . Un film supposé choc mais truffé de vieilles images la plupart du temps non-datées. Avec l’inévitable et ancienne séquence des bébés phoques assommés sur la neige : rouge sur blanc, c’est bon pour le 20 heures, coco ! En oubliant de raconter que c’est pour avoir amené Brigitte Bardot sur la banquise que Watson s’est fait virer de Greenpeace. Et en oubliant aussi de rappeler combien la suite de l’histoire a été préjudiciable à la vie des Inuits !
Ce film qui tend à faire croire qu’il n’y aurait que des méchants face au bon monsieur Watson évite soigneusement toute analyse, toute réflexion ou allusion politique ou économique. Il joue sur la seule sensibilité (sensiblerie ?) des spectateurs en les entrainant dans le culte de la personnalité du héros entouré d’accortes collaboratrices et d’adorateurs béats. Film qui m’a fait penser aux pires errements des films de propagande soviétique.
Situation aggravées par la défense maladroite et souvent mensongère à la tribune, de Lamya Essenlali, groupie du capitaine et présidente de Sea Shepherd France. Laquelle a cherché à transformer en mystère la « disparition » de Watson dont elle laisse entendre que pour échapper à un (injuste, c’est le seul point indiscutable) mandat d’arrêt international émis par le Costa Rica, il serait condamné à errer sans fin sur la mer. Alors que la vérité est plus prosaïque : il y a quelques mois il a été exfiltré en bateau d’Allemagne, par le navigateur solitaire des années 70 Jean-Yves Terlain, vers le Canada dont il ne peut pas être extradé.
Il ne manquait à cette séquence que la présence de Jean –Louis Etienne probablement occupé dans une autre salle à faire croire qu’il est scientifique et écologiste. Ce dont je doute fort pour l’avoir vu à l’œuvre il y a quelques années sur l’ilot français de Clipperton au large du Mexique…
(1)Confession d’un éco-terroriste
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