La neige artificielle de Poutine. Compte à rebours du climat: 677 jours avant la conférence de Paris. Chronique à suivre

Claude-Marie Vadrot  • 22 janvier 2014
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677 jours. C’est le temps qui reste à la planète et aux politiques avant le début de la 18 ème conférence sur le climat qui se tiendra prés de Paris, au Bourget, à partir du 30 novembre 2015. Comme le temps passera très vite pour la montée inexorable du dérèglement climatique, fait de réchauffement, de tempêtes, de froid inattendu et de graves variations pluviométriques, et d’erreurs d’appréciation, il est déjà temps d’en tenir une chronique politique, scientifique et économique. Le lecteur trouvera donc ici chaque semaine, plus souvent si nécessaire, les informations, bonnes ou mauvaises, liées au réchauffement de la planète et à la froideur ou à l’indifférence des politiques.

Une virée au dessus de la station olympique de Krasnaïa Poliana (la clairière rouge) où il fait actuellement 7° au dessus de zéro et où il pleut sans arrêt depuis une semaine, permet de constater que les gros canons à neige, dont le nombre vient d’être porté à plus de 500, fonctionnent toujours en permanence. Les conditions atmosphériques l’expliquent facilement et pour l’instant il n’y a pas un centimètre de neige à Krasnaïa Poliana, en bas des pistes et guère plus au pied du tremplin olympique.

Illustration - La neige artificielle de Poutine. Compte à rebours du climat: 677 jours avant la conférence de Paris. Chronique à suivre


L’eau boueuse qui se jette dans le torrent qui traverse Krasnaïa Poliana montre que des gros travaux sont en cours sur les pistes olympiques

Comme les écologistes russes locaux et les climatologues l’avaient annoncé, l’évolution du climat n’est pas favorable à l’enneigement dans cette partie du Caucase dont il faut rappeler que la capitale, Sotchi, distante de 45 kilomètres, est considérée comme bénéficiant d’un climat subtropical.

Mais comme le président Poutine l’avait juré au Comité Olympiques, la Russie relèvera le défi. Avec la plus forte concentration de canons à neige jamais rassemblée dans le monde et avec une énorme réserve de quinze « montagnes de neige » dont chacune, dotée d’une protection spéciale, aura coûté plus d’un million d’euros pièce. Si pour des raisons techniques elles ne sont pas entièrement utilisées, elles risquent de provoquer ensuite d’énormes glissements de terrain dont l’un a déjà touché récemment la piste de saut. Le torrent boueux qui rejoint la rivière traversant la station atteste que la montagne bouge déjà. Les mouvements de tgerrain pourraient également balayer au printemps ou cet été, la ville hôtelière, luxueuse et nouvelle, qui a remplacé la petite station familiale de Krasnaïa Poliana qui n’est plus qu’un souvenir dans la mémoire des Russes de la région.

Le président russe, dont il est bien connu qu’il ne croit guère au réchauffement climatique, a donc donné l’ordre que tous les spécialistes de la montagne luttent contre ses effets. Au prix d’un énorme gaspillage d’argent et d’énergie que déplorent un grand nombre d’habitants et évidemment les associations écologiques locales qui ont bien du mal à se faire entendre.

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