Affreux, sales et méchants : les futurs alliés européens du FN
Marine Le Pen rêve de prendre la tête d’un groupe au Parlement européen. Mais rassembler des nationalistes, même unis contre l’Europe, tient d’une gageure.

L’union fait la force. Marine Le Pen le sait, qui a annoncé son projet de créer, et de présider, un groupe avec ses alliés de l'extrême droite européenne au Parlement de Strasbourg. À quoi servirait un tel groupe ? « À influencer plus facilement certains hauts fonctionnaires » , résume Ludovic de Danne, conseiller aux Affaires européennes au Front national. Autrement dit, à bloquer plus sûrement le processus européen afin de maintenir « la souveraineté nationale contre le centralisme de Bruxelles » , mais aussi pour conserver les « identités culturelles des peuples européens contre une immigration massive et une islamisation de l’Europe » , a ajouté l'eurodéputé autrichien du FPÖ Andreas Mölzer. Au Parlement, les « non-inscrits » ne peuvent en effet ni être rapporteurs ni présenter des amendements en plénière, et disposent d’un temps de parole moindre que les membres des groupes. Autre avantage, et non des moindres, à la formation d’un groupe de nationalistes « eurosceptiques » : l’attribution de fonds supplémentaires de l’Union européenne, pour se payer un secrétariat de groupe ou organiser des réunions dans des hôtels de standing à travers l’Europe… Au total, quelque 2,5 millions d’euros d’argent public reviendrait au FN et à ses acolytes, estime ainsi The Telegraph .
Reste que si la constitution d’un groupe est ardemment souhaitée, la réaliser est une autre affaire. Selon le règlement intérieur du Parlement européen, les groupes politiques doivent être obligatoirement composés « d'un minimum de 25 députés, élus dans au moins un quart des États membres » . Au vu des bons scores attendus des partis d’extrême droite en Europe, le FN ne devrait pas avoir trop de mal à rassembler 25 députés. La semaine dernière, la Fondation Robert-Schuman, prédisait ainsi que l’extrême droite européenne pourrait « gagner environ 30 députés supplémentaires » (contre 47 actuellement). La difficulté est en revanche de regrouper des élus de sept nationalités différentes… Et qui soient suffisamment fréquentables pour ne pas ternir le travail de « normalisation » de leur image engagé par la plupart de ces partis. Une gageure !
7 nationalités à trouver…_ Le FN a déjà essuyé plusieurs refus. D’abord – et c’est assez gênant –, des nationalistes anti-européens du puissant Ukip britannique qui ont préféré s’afficher avec le mouvement de Nicolas Dupont-Aignan plutôt qu’avec celui de Marine Le Pen, jugé antisémite « dans son ADN » . Ensuite, du très populaire et pourtant très islamophobe
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