Après les européennes, un communiqué de l’association bio consom’acteurs optimiste sur les jardins et le bio

Claude-Marie Vadrot  • 30 mai 2014
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Le mois de mai s’est achevé cette année avec des élections européennes aux résultats…attendus. Plus de la moitié des Français se seraient abstenus de voter. Mal informés, sans doute, de l’importance de ce vote. Dommage, quand on sait que les bulletins blancs étaient enfin comptabilisés officiellement depuis la semaine dernière, et que les partis populistes européens, dont celui de Marine Le Pen, occuperont au parlement des sièges qui ne leur seront guère utiles, puisqu’ils n’auront que peu de poids à l’échelle communautaire (et heureusement). Quant au parti vert, il peut se réjouir d’avoir conservé quelques sièges au parlement européen. Mais on regrette que les préoccupations écologiques ne soient pas mieux représentées par la France, alors même que celle-ci dispose de certains partis aux idées proches (les listes Europe Citoyenne, Nouvelle Donne, Ecologistes indépendants notamment). Conflits internes, égos incompatibles ? Une chose est sûre : c’est en faisant ensemble que l’on peut faire poids sur la société.

Certaines personnes, qui ont une vision à peu près commune de l’écologie, l’ont bien compris. Elles se rassemblent en communautés – ce qui ne les rend pas fermées sur elles-mêmes, loin de là. Au contraire, la communauté les dynamise, les encourage, leur permet de mutualiser leurs savoirs, compétences, envies, projets, d’échanger avec d’autres communautés… et surtout, les rend crédibles. Un exemple parmi d’autres: les initiatives de transition. On en trouve environ 80 un peu partout en France. Leur origine ? Une cité anglaise du nom de Totnes, première ville en transition, fondée en 2007 par un formateur en permaculture. Nous avons rencontré certains de ses militants, dont Jo Rotas, une femme seule quinquagénaire, qui débarquait il y a quelques années dans un quartier neuf et froid de Totnes. Rapidement, elle a rejoint le mouvement Transition Town Totnes. Elle a pris l’initiative de créer une dynamique de voisinage dans son quartier. Rencontre avec les voisins, création d’un cahier de bonnes pratiques pour se jeter dans le flot de la transition, jardinage bio et dégustation en groupe, défis de type « on reste deux semaines sans aller au supermarché conventionnel » (pari tenu), création d’un cinéma de quartier ouvert à tous, co-voiturage, échanges de services… et diffusion vers les autres quartiers. Jo et ses amis ont tout simplement créé une rue en transition.

Cela paraît tout bête, mais la transition, c’est ça : d’une poignée de militants esseulés dans leur obsession à fermer le robinet quand ils se brossent les dents et à faire leurs courses au magasin bio du coin, on passe à des groupes de quelques dizaines de personnes, petits rouages d’une fourmilière de 200 personnes. Là, on gagne en crédit. Non seulement auprès du grand public, mais aussi des décideurs : Transition Town Totnes a reçu d’un ministre anglais une somme conséquente en 2010 pour son plan de descente énergétique. Elle a aussi le soutien de la mairie de Totnes. Et de petites entreprises locales éclosent, grâce à son pouvoir d’émulation.

En France, l’émulation, on peut aussi la créer en allant voir, avec ses voisins, sa mairie pour qu’elle annonce publiquement si elle utilise des pesticides, et/ou introduit la bio dans la restauration collective. On peut aussi rencontrer des producteurs bio lors de la fête annuelle du printemps bio, déguster leurs fraises et découvrir leur métier. On peut aussi, bien sûr, rejoindre une association locale de Bio Consom’acteurs, par exemple. Pour ne pas faire la transition tout seul, mais ensemble.

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