Les intermittents occupent la Philharmonie

À l’occasion de la réunion du conseil national de l’Emploi qui se tient ce mercredi 18 juin, les intermittents occupent plusieurs lieux en France, dont le chantier de la Philarmonie à Paris.

Ingrid Merckx  • 18 juin 2014
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Les intermittents occupent la Philharmonie
© Crédits photo : CIP-IDF

Depuis ce matin, 6 h 30 , les intermittents occupent la Philharmonie à Paris. Avec des chômeurs, précaires, intérimaires, cheminots, postiers, étudiants, ils bloquent le chantier à l’occasion de la réunion du conseil national de l’Emploi qui se tient ce mercredi 18 juin.

Une banderole « Non à l’agrément » a été déployée sur les échafaudages.

« Portée à parts égales par l’État et la Ville de Paris (à l’exception des 20 millions apportés par la Région Île-de-France), la facture de cette construction s’élèvera à plus de 330 millions d’euros.
Aujourd’hui, ce sont des centaines d’intérimaires et de travailleurs précaires qui œuvrent, pour le compte de Bouygues, afin que ce nouveau lieu culturel ouvre ses portes en janvier 2015.
Et demain, ce seront certes des artistes et techniciens du spectacle qui feront, comme vous l’espérez, la renommée de ce lieu, mais ce seront également des intérimaires, des salariés à temps partiel, des précaires qui entretiendront le bâtiment, qui se chargeront de l’accueil, de la gestion du parking, etc.
. (…) Messieurs Hollande, Valls et Rebsamen, Madame Filippetti, comment pouvez-vous encore baisser la tête devant le Medef ? Si vous agréez l’accord Unedic du 22 mars contre lequel nous nous battons, c’est l’ensemble des salariés et des chômeurs qui seront précarisés, tandis que Martin Bouygues et Pierre Gattaz se congratuleront mutuellement de leurs bénéfices. »

Les mobilisations contre l’accord du 22 mars se poursuivent.

La Coordination des chômeurs, intérimaires, intermittents et précaires de Bretagne occupe les locaux de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (Direccte) de Bretagne, à Cesson-Sévigné.

Illustration - Les intermittents occupent la Philharmonie - Crédits : CIP-Bretagne

Le siège du PS à Grenoble fait également l’objet d’une occupation.

Lundi 16 juin, plus de 10 000 personnes se sont rassemblées devant le ministère de la Culture à Paris, et près de 10 000 autres à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Lille, à Nantes…

Le soir même, la délégation de la CGT Spectacle a claqué la porte de la réunion plénière du Conseil national des professions du spectacle (CNPS) « pour n’avoir pas été entendue par la ministre de la Culture et de la Communication, ni sur les budgets ni sur la convention d’assurance chômage qui sera agréée, bien qu’elle prévoit 2 milliards d’euros d’économie sur trois ans sur le dos des demandeurs d’emploi, travailleurs précaires, intérimaires, cadres et intermittents du spectacle » .

Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé un « geste d’espoir » pour les intermittents. Celui-ci pourrait prendre la forme d’un fonds de soutien aux plus précaires en lieu et place d’une réouverture des discussions.

Le député PS Jean-Patrick Gille, nommé médiateur dans ce conflit, devrait rendre son rapport à la fin de la semaine. « Le gouvernement a le choix entre se mettre à dos les partenaires de l’Unedic, et donc le Medef, ou bien les intermittents » , a-t-il résumé ce matin sur France Inter.

Le ministre du Travail semble avoir opté pour la seconde solution. Si l’accord est agréé, même avec des aménagements, la grève pourrait se poursuivre sur de nombreux festivals, ce qui impliquerait l’État pour compenser les pertes générées.

Les intermittents invitent à suivre les actions en cours.

« Dossier de l’intermittence : un dossier complexe à trois personnages bipolaires » , résume le médiateur Jean-Patrick Gille sur son compte Twitter.

Économie
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