Ferme des mille vaches : un procès « satisfaisant » pour les militants

Les neuf militants de la Confédération paysanne étaient jugés en appel ce mercredi pour avoir endommagé la ferme des mille vaches.

Vanina Delmas  • 18 juin 2015
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Ferme des mille vaches : un procès « satisfaisant » pour les militants
© Photo: Manifestation de soutien aux neuf militants de la Confédération paysanne, le 17 juin, à Amiens (FRANCOIS LO PRESTI / AFP).

« Nous, paysans, battons-nous pour notre autonomie et nos savoir-faire.* Nous paysans, avec vous tous, citoyens, luttons contre l’industrialisation de l’agriculture qui veut nous balayer. » Ainsi se termine l’appel lu par la Confédération paysanne à l’issue du procès en appel de neuf de ces militants. Condamnés en première instance en octobre 2014, ils étaient jugés une nouvelle fois le 17 juin pour avoir démonté la salle de traite de la gigantesque étable située à Ducrat, dans la Somme.

Un procès attendu par les prévenus et les militants :

« Nous sommes satisfaits car nous avons pu nous exprimer sur tous les sujets : les dérives de l’industrie agricole, l’aspect politique du dossier et la répression qu’on a subie en tant que syndicat » , raconte Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne.

Éleveur laitier à Saint-Genest-Lerpt dans la Loire, il est le militant le plus lourdement condamné car impliqué dans les deux volets de l’affaire : 300 euros d’amende et cinq mois de prison avec sursis. Un traitement sévère pour ceux qui se comparent à des lanceurs d’alerte. Leurs avocats ont d’ailleurs plaidé la relaxe en insistant sur le fait que ces fermes usines sont « un danger imminent qui pèse sur tous les paysans. »

Malgré l’ampleur médiatique du procès, l’avocate générale a confirmé les peines d’amende et de prison avec sursis décidées lors du premier procès. « Je maintiens que nous ne devrions pas être jugés sur le plan individuel mais pour des actes collectifs » , clame le militant. Le jugement sera rendu le 16 septembre.

Une ferme-usine devenue illégale

Pourtant, l’actualité embarrassante pour la ferme des mille vaches aurait pu aller dans le sens des militants de la Confédération paysanne. Un contrôle des services de l’État le 9 juin avait dénombré 796 vaches dans l’exploitation.

Or, le seuil correspondant à l’autorisation préfectorale est de 500 bêtes. Dans un communiqué, la préfecture d’Amiens indiquait dès le lendemain que la ferme avait « sept jours pour faire ses observations, après quoi elle serait mise en demeure de revenir à 500 vaches dans les trois semaines » .

Un article de la revue Reporterre contenant les révélations d’un ancien salarié avait allumé la mèche. « C’est un point fort pour nous car, aujourd’hui, nous pouvons affirmer que cette exploitation est illégale » , souligne Laurent Pinatel.

Une tournure politique qu’a tenté de désamorcer Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Agriculture, en assurant que le gouvernement « compte faire appliquer la règle et les engagements qui ont été pris, donc il y aura des sanctions » .

Écologie
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