Le charme fou de Folimage
Dans le studio d’animation installé dans la Drôme et créé par Jacques-Rémy Girerd, il se prépare des merveilles dans un esprit de compagnonnage.
dans l’hebdo N° 1382-1384 Acheter ce numéro

C’est comme s’il était sorti de l’écran. L’Alex de Phantom Boy, à moins que ce ne soit le Nico d’ Une vie de chat ? Un homme à la même silhouette longiligne, aux mêmes mouvements souples et élastiques, au même sourire malicieux, aux mêmes yeux en amande, se tient dans le bureau de Jacques-Rémy Girerd. Cependant que le fondateur et président du studio d’animation Folimage, à Valence (Drôme), sourit de la surprise derrière son ordinateur. Alain Gagnol, coréalisateur avec Jean-Loup Felicioli de ces deux longs métrages, manifeste une ressemblance troublante avec ses personnages.
« C’est Jean-Loup Felicioli le coupable ! Je ne dessine pas » , s’amuse-t-il, interrompant une conversation où il confiait son goût pour le cinéma américain et les grandes séries contemporaines. On lui fait très souvent remarquer que c’est moi qu’il reproduit. Il ne s’en aperçoit pas ! On lui a même demandé de me dessiner exprès pour voir : c’était pareil ! » Ce mimétisme n’a rien d’étonnant, les deux sont complices de longue date, et celui qui tient le crayon croque – à son insu peut-être – celui qui se tient en face, en miroir. Alors, quand on rencontre Alain Gagnol pour la première fois, on ne peut se déprendre de cette impression de déjà-vu. Malgré l’explication rationnelle, l’apparition d’un personnage de papier en chair et en os n’en conserve pas moins un caractère magique. Pas cette magie tintamarre des films en 3D dopés aux effets spéciaux. Mais celle, délicate, qui s’échappe du studio. De ces grandes pièces sombres et calmes où une douzaine de sociétés de production d’images travaille sur écran sans que l’on sache bien
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