Politis

Abonnez-vous à Politis

Tout Politis +

11 Par mois
  • Votre hebdomadaire et hors-série en version papier et numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

  • Votre hebdo/hors-série en PDF

  • Lecture de l'hebdo/hors-série sur liseuse

Choisir cette offre
Pour toutes informations, contactez notre service Abonnement au 03 80 48 95 36 ou par e-mail à : abonnement@politis.fr

Offre Découverte spéciale élections 23 numéros + 1 HS

49
Offre Découverte spéciale élections 23 numéros + 1 HS
  • 23 numéros + 1 hors-série en version papier et numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

  • Votre hebdo/hors-série en PDF

Je m'abonne

Web illimité

8 Par mois
  • Votre hebdomadaire et hors-série en version numérique

  • Tous les articles du magazine et des articles inédits de la rédaction

Choisir cette offre

Les autres offres

Offre découverte, administrations, offre solidaire, réabonnement…
Choisissez une offre

Soutenez la presse indépendante et découvrez les offres de notre kiosque. A partir de 8€/mois. :

Sous la Ve République, le Président a toujours raison

La déchéance de la nationalité, très largement contestée, est maintenue dans le projet de révision de la Constitution. Par respect de la parole du chef de l’Etat, a expliqué Manuel Valls.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Non content de proposer une modification de la Constitution sous état d’urgence afin d’inscrire cet état d’exception dans notre loi fondamentale, le gouvernement a finalement décidé d’inclure dans ladite modification la déchéance de nationalité pour tous les binationaux condamnés définitivement pour « crime contre la vie de la Nation » .
Cette mesure, « symbolique » de l'aveu même du Premier ministre Manuel Valls, « qui ne peut avoir d'efficacité dans la lutte contre le terrorisme » , selon la Garde des Sceaux Christiane Taubira, et n’est d’ailleurs « pas une idée de gauche » (dixit le Premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis), avait été combattue par le PS en 2010. « Nicolas Sarkozy veut installer l'idée qu'il y a deux catégories de Français » , dénonçait alors fort justement son porte-parole. Elle fait toujours l’objet de nombreuses critiques à gauche.
Lire > Déchéance de la nationalité : une mesure de droite proposée par le PS

L’explication avancée par Manuel Valls pour justifier l’inscription dans la Constitution d’une mesure qui, si elle était votée, nous ferait passer, selon le Défenseur des droits, Jacques Toubon, « d’une République indivisible à une République divisible, (…) d’une citoyenneté indivisible à une citoyenneté divisible » , est aussi intellectuellement misérable qu’elle est éclairante sur nos institutions.
« A partir du moment où c'était un engagement du président de la République [pris devant le Congrès le 16 novembre] et que nous avions un avis particulièrement clair du conseil d'Etat sur la nécessité d'une réforme constitutionnelle, il ne pouvait pas y avoir d'autres solutions que l'adoption de cette mesure » , a justifié le Premier ministre, à l’issue du Conseil des ministres.
Ce que confirme, Christiane Taubira : « La parole première est celle du président de la République. Elle a été prononcée au congrès à Versailles. La parole dernière est celle du président de la République, elle a été prononcée ce matin en Conseil des ministres et c'est le point final. »
Ainsi, après l’annonce impromptue de François Hollande à Versailles, qui reprenait une mesure réclamée par le Front national et les durs de la droite, l’exécutif avait le choix entre deux maux : se dédire ou légitimer une proposition du parti de Marine Le Pen pour ne pas se contredire. C’est cette deuxième option qui a été retenue.

La primauté monarchique de la Ve République s’affirme ici crûment. Quoi que décide le Président de la République, ses ministres doivent l’exécuter et sa majorité l’approuver. « La cohérence et le respect de la parole du chef de l’Etat, qui incarne l’unité de la Nation, s’impose à tous » , a insisté Manuel Valls. Pour préserver l'image mythique d'un Président «père de la Nation», que les non-moins mythiques représentants du peuple ne sauraient contredire, l'exécutif et sa majorité sont disposés à reprendre les pires idées de la droite et de l'extrême droite. Prêts à diviser les citoyens en deux catégories pour obtenir une majorité au Congrès sur une réforme de la Constitution et rehausser ainsi l'aura du monarque élyséen.

Il est plus que temps d'en finir avec ce pouvoir personnel et cette Constitution qui le fonde.


Photo: STEPHANE DE SAKUTIN / POOL / AFP

Haut de page

Voir aussi

Quelle Europe pour la gauche ?

Politique par

accès libre

 lire   partager

Articles récents