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La bataille de Florange

[FIPA 2016] Plongé dans un corps à corps, Jean-Claude Poirson rend compte du combat sans merci des ouvriers d’ArcelorMittal pour sauver leur usine.

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2012. A Florange. C‘est la dernière usine de la vallée. Six ans plus tôt, Lakshmi Mittal s’est emparé d’Arcelor, devenant ainsi le leader mondial de l’acier. Non sans imposer de délocalisations. Gandrange se conjugue déjà au passé. C’est au tour de Florange. 5000 emplois sont menacés. Jean-Claude Poirson entame son documentaire au premier jour d’occupation des Grands bureaux. En février, après huit mois de conflit avec Mittal, Sarkozy n’est pas épargné par la base, ni par les syndicats. François Hollande est alors en campagne. Il passe, et s’engage : « Quand un groupe est animé par des intérêts financiers et non pas industriels, je suis prêt pour une proposition de loi qui dirait la chose suivante : ”quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production, mais ne veut pas non plus la céder, nous en ferions obligation pour que des repreneurs viennent et puissent donner une activité supplémentaire”. » Tonnerre d’applaudissements. On connaît la suite, et l’abandon de Florange par chaque président, tandis que dans le combat sont venus se mêler des artistes comme Christophe Alévêque, Richard Borhinger, Guy Bedos, apportant leur soutien, pimentant aussi le documentaire de légèreté et de sourires, à côté de réflexions, de mobilisations, de manifestations. Ça discute, ça braille, ça négocie, on s’arc-boute sur l’emploi, de quoi croûter à la fin de chaque mois. Le réalisateur livre ainsi la « bataille de Florange » dans son entier, âpre, immensément longue, avec une caméra qui ne regarde pas de haut mais se glisse en dedans d’une révolte, parmi les corps qui n’entendent pas baisser les bras. Poirson avait déjà livré sur le sujet un documentaire de 52 minutes, il revient au Fipa avec une version longue, au diapason de ce qui a été vécu. Un film qui illustre parfaitement la fibre sociale affichée cette année par la sélection du festival, avec notamment Loro di Napoli, Le Bureau, La Granja del pas, ou encore La Sociologue et l’ourson.

La bataille de Florange, Jean-Claude Poirson, 1h49.


Photo : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

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