300 militants perturbent le Sommet international du pétrole

Pendant une heure et demi, l'hôtel Méridien de la Porte Maillot à Paris, qui accueillait le sommet, a été saturé de slogans accusant l'industrie des énergies fossiles de crime contre le climat. L'accès des participants a été en partie entravé.

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« Et qu'allez-vous faire, sur place ? » On sera en mode « Pau », avait averti Malika Peyrault, des Amis de la Terre. Comprendre : à la manière des actions menées dans la capitale béarnaise au début du mois (et aussi : http://www.politis.fr, mot clef « Pau »), plusieurs dizaines de militants non-violent sont arrivés tôt ce matin jeudi 21 avril pour perturber le Sommet international du pétrole, une rencontre organisée chaque année par IFP Énergies nouvelles (le relookage de l'Institut français du pétrole) et la revue spécialisée Pétrostratégies, afin d'offrir l'occasion aux « grands décideurs sur la scène énergétique (…) d’apprécier les perspectives d’avenir du marché pétrolier mondial ».

« Restaurer la profitabilité de l'industrie pétrolière » : c'était le thème de la 17ème édition qui se tenait à l'hôtel Méridien de la Porte Maillot à Paris. Elle a été accueillie aux cris de « Et 1, et 2, et 3 degrés, c'est un crime contre l'humanité ! » « On est plus chaud que le climat » ou « Total ment irresponsable ! », scandés sans discontinuer à la voix et au mégaphone par une petite foule de quelque 300 militants invités par une dizaines d'associations et de syndicats (1). Au mugissement d'une sirène d'alarme, des dizaines d'entre-eux s'allongent pour simuler une mort subite de masse due au réchauffement délétère que promet la croissance imperturbable des émissions de gaz de serre par les énergies fossiles.

L'entrée de l'hôtel a été protégée par des grilles mobiles, des policiers filtrent l'entrée avec des agents de sécurité de l'établissement, ce qui n'a pas empêché une trentaine de militants de pénétrer dans les lieux pour s'agglutiner au niveau de la table d'accueil qui donne accès à la salle de conférence. Certains se menottent à une rambarde. Les forces de sécurité restent débonnaires : la conférence n'est pas bloquée, il existe deux autres entrées que les militants ne sont pas parvenus à atteindre. L'un des animateurs regrette le « manque de bras » et quelques failles d'organisation, manière de dire qu'après Pau et le Méridien, la stratégie de ce mode d'action directe va se perfectionner lors de nouveaux épisodes. « Fossoyeurs du climat, on sera là à chaque fois ! » Le prochain rendez-vous : la vague d'actions Breakfree du mois de mai. Les associations françaises ont décidé de faire poids avec la mobilisation allemande pour le blocage d'une énorme mine de charbon lignite en région Lusace, sur le modèle de l'action Ende Gelände 2015 qui a connu un beau retentissement l'été dernier.


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