Des chercheurs canadiens annoncent le retour des palmiers et des crocodiles dans le Grand Nord

Dans une étude qui vient d'être publiée dans Nature climate change des scientifiques canadiens envisagent une augmentation de 8° de la température moyenne de la terre et détaillent ses conséquences sur les populations et les écosystèmes.

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À en croire la dernière livraison ( reprise par le National Geographic) du mensuel anglais Nature Climate change, filiale du journal Nature, qui se fait l’écho des recherches d’un groupe de scientifiques canadiens, la terre doit se préparer à d’énormes changements de paysages et de conditions de vie si les humains maintiennent le même rythme de progression des émissions de gaz à effet de serre. Alors que les prévisions des spécialistes tablaient plutôt sur un ralentissement progressif du réchauffement, ces chercheurs envisagent sérieusement, si nous ne changeons pas nos habitudes, une augmentation inexorable de la température moyenne de la planète de 8° d’ici à la fin du siècle. Une poussée de fièvre qui balaye les espoirs de la simple élévation de 2° prise en compte par les accords de la COP 21 et, surtout, qui dépasse les projections les plus pessimistes du Groupe Intergouvernemental sur l’Etude du Climat, le GIEC.

Une étude canadienne, dont les travaux ont été vérifiés par le comité de lecture de la revue et sont confirmés par le professeur de l’Université d’Oxford, Myles Allen. Un scientifique dont les recherches portent justement sur les effets de l’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Un travail qui dresse un tableau plutôt effarant de l’évolution possible, voire probable, de la planète et de ses écosystèmes.

Dans la région de l’Arctique, la température moyenne devrait augmenter de 17 degrés ! Ce qui, expliquent les chercheurs, ramènerait la planète en arrière de 52 à 56 millions d’années ; à l’époque de l’Eocène, période à laquelle les palmiers poussaient sans problème dans le Nord de l’Alaska et où les crocodiles nageaient dans l’Océan Arctique. C’est aussi à la fin de cette période que les paléontologues situent l’une des grandes extinctions des espèces. Scott Wing, un scientifique du Smithsonian Institute, organisme fédéral de recherche américain créé au milieu du XIX° siècle, rappelle, en commentant l’étude, qu’à cette période de l’histoire de la terre, si quelques mammifères ont survécu à cette élévation de la température, ils ont été nombreux à changer progressivement de taille pour s’adapter et survivre:

Certains chevaux rétrécissant progressivement à la taille d’un gros chat.

Ce spécialiste rappelle en outre qu’en cette période de l’histoire de la terre, les deux pôles n’étaient pas autant recouverts de glace qu’ils le sont actuellement.

Autres conséquences énumérées par les chercheurs : la raréfaction des quantités de nourritures disponibles, des régions transformées en désert et devenant inhabitables, disparition de nombreux animaux et plantes, grandes sécheresses dans le Sud de l’Europe et aux Etats-Unis, quadruplement des pluies dans le Pacifique Sud et effondrement des forêts tropicales humides. Pour le professeur Allen, « la situation agricole deviendrait catastrophique, notamment aux États-Unis. Les pays riches pourraient peut-être assurer leur approvisionnement en nourriture mais ce ne sera pas le cas en Afrique. Beaucoup d’habitants devront quitter leurs pays, un grand nombre de gens mourront ». Cet universitaire ajoute en guise de conclusion:

Cette étude revêt une grande importance au moment où certains climato-sceptiques affirment encore que le réchauffement pourrait avoir des effets bénéfiques.

D’autant plus que les membres du GIEC laissent déjà entendre que l’année 2016 pourrait encore battre tous les records passés de température moyenne sur la planète. Ceci au moment où les experts canadiens pensent que « la poursuite de l’utilisation des énergies fossiles va inévitablement continuer jusqu'à la dernière goutte».


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