Quatre ans de renoncements et de reniements

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C’est un anniversaire qu’il ne vient à l’idée d’aucun socialiste de fêter. Le 6 mai 2012 pourtant, François Hollande était élu à la présidence de la République. Après dix ans d’opposition, le PS retrouvait le chemin des palais gouvernements. Avec les élections législatives gagnées dans la foulée, jamais les socialistes n’avaient été en telle position de force : majoritaires à l’Assemblée et au Sénat, ils dirigeaient la quasi-totalité des régions, les deux-tiers des départements, la majorité des villes de plus de 20.000 habitants… Or c’est comme si ce pouvoir étendu n’avait servi à rien. Ou presque.

Présentant le bilan du gouvernement depuis 2012, lundi en conférence de presse, Jean-Christophe Cambadélis a eu ce mot :

Tout n'est pas parfait mais tout n'est pas mauvais.

Même rue de Solferino on reconnaît donc qu’il y a du « mauvais » dans le bilan. C’est dire l’enthousiasme qui anime les troupes à un an des élections présidentielle et législatives. Pour tenter de leur redonner un semblant de « fierté » pour l’œuvre accomplie par le chef de l’Etat et ses gouvernements, les caciques de l’appareil en sont réduit à éditer soixante cartes postales couleur vantant des « progrès » qui n’en sont pas toujours ou alors bien maigres. La tonalité dominante emprunte à la désormais bien connue devise du hollandisme, « c’est mieux que si c’était pire ».

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Reconnaissons qu’il n’est pas facile de faire passer pour des succès la non-renégociation du traité budgétaire européen, l’allongement de la durée de cotisation pour les retraites qui revient de fait à repousser l’âge de cessation d’activité à 66 ans pour la grande majorité des salariés, l’ANI, le CICE, le pacte de responsabilité, le refus de séparer clairement les activités des banques, etc. D’autant qu’il est très contestable d’affirmer, comme le fait François Hollande, que « la France va mieux » quand le nombre de chômeurs ( toutes catégories confondues) s’est accru en quatre ans de près d’un million de personnes, quand la précarité des emplois croît, quand l’austérité affecte le fonctionnement des services publics…

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Difficile d’établir une liste exhaustive des renoncements et reniements qui ont marqué ces quatre ans de pouvoir de François Hollande et du PS sur l’appareil d’État. Un site internet s’y essaie toutefois depuis quelques mois. Le PS en actes (www.bilan-ps.fr/) est né au tournant de l’année 2015-2016 de la recension d’un blogueur (pseudo sur Twitter : @pourrito) des principales mesures antisociales et sécuritaires prises par l’exécutif ; chaque mesure étant sourcée. Les félicitation et encouragements ont été si nombreux, que ce qui n'était au départ qu'une page sur un blog est devenu un site doté de ses propres comptes sur les réseaux sociaux. Publié sous licence Creative Commons, il reçoit les apports d’autres militants 2.0. Et permet une vulgarisation sans chichi mais efficace. Jusqu’à l’élaboration d’une liste Pdf au format de poche. Pour ne rien oublier.


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