Dario Fo : l’Arlequin engagé s’en est allé
L’écrivain, dramaturge et acteur comique engagé, est décédé le 13 octobre à Milan.

À l’instar de Bob Dylan cette année, lorsque Dario Fo obtint le prix Nobel de littérature en 1997, les critiques officielles de la littérature officielle (ou les professionnels de la profession, aurait dit Jean-Luc Godard) s’empressèrent de dénigrer le choix des jurés de Stockholm. Qu’avait bien pu passer par la tête des Nobel pour donner le prestigieux prix à ce bouffon, ce clown, ce simple comédien, certes dramaturge à la marge, mais dont l’œuvre est d’abord marquée par l’oralité ?
Pour ces « experts » de la critique, cet « acteur » n’avait pas d’ « œuvre » et n’avait jamais été qu’un « saltimbanque » ! Il en convenait d’ailleurs lui-même, non sans humour, puisqu’il écrivait dans son livre de réflexion sur le théâtre, Le gai savoir de l’acteur (éd. de l’Arche) : « cette œuvre a un défaut, elle est belle à lire ». Pourtant, qui a vu Dario Fo sur scène (ou à la
