Le vrai-faux recul du chômage

L’importante baisse du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A en septembre cache une forte hausse de la précarité.

Michel Soudais  • 26 octobre 2016
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Le vrai-faux recul du chômage
© Photo : PHILIPPE HUGUEN / AFP.

Avec 66 300 demandeurs d’emploi de moins en septembre, les chiffres du chômage rendus publics mardi 25 octobre font la joie du gouvernement. « Le chômage recule fortement », titre en première page Le Monde pour qui ces chiffres sont « un coin de ciel bleu pour Hollande ». De fait, les derniers soutiens de François Hollande n’ont pas manqué de décréter que la fameuse courbe à laquelle le chef de l’État a lié son avenir politique était « inversée ». C’est pour le moins aller vite en besogne.

Certes, en France métropolitaine, le nombre de demandeurs d’emploi de la catégorie A (tenus de rechercher un emploi et sans activité) a enregistré en septembre son plus fort recul depuis novembre 2000 : -1,9 % sur un mois. Il diminue également sur trois mois (-35 200 personnes, -1 %), et pour le troisième trimestre consécutif ce qui, malgré des variations erratiques, permet au gouvernement d’annoncer un recul du nombre de demandeurs d’emploi sur un an (-59 500 personnes, -1,7 %).

Mais, premier bémol, ce recul qui profite fortement aux moins de 25 ans (-5,3 % sur un mois et -7,0 % sur un an) et dans une moindre mesure aux demandeurs d’emploi âgés de 25 à 49 ans (-1,7 % sur un mois et -2 % sur un an), laisse de côté les chômeurs de plus de 50 ans dont le nombre continue d’augmenter sur trois mois (+0,8 %) comme sur un an (+2,4 %).

La précarité s’accroît

Surtout, le nombre d’inscrits à Pôle emploi en catégorie B ou C, qui sont aussi des demandeurs d’emploi même s’ils ont eu au cours du mois de référence une activité à temps partiel, continue d’augmenter. Et plus fortement que le recul des inscrits en catégorie A.

  • Catégorie B (78 heures travaillées ou moins) : 738 500 personnes, soit +1,8 % sur un mois, +2,7 % sur trois mois, +3,1 % sur un an.

  • Catégorie C (plus de 78 heures travaillés) : 1 251 200 personnes, soit +1,2 % sur un mois, +5,1 % sur trois mois, +7,9 % sur un an.

Avec près de deux millions de personnes dans ces catégories, « c’est bien le travail précaire qui augmente et non le chômage qui baisse », déplore la CGT dans un communiqué. La centrale de Philippe Martinez note que « l’activité réduite touche 34,4 % des inscrits dans les catégories A.B.C. » et que « les contrats intérimaires augmentent de 5,3 % en un an », signe d’une intensification du recours aux contrats à durée déterminée.

5 480 200 demandeurs d’emploi

Au total, comme l’indique le communiqué de la Dares du ministère du Travail, « le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C est de 5 480 200 fin septembre 2016 », en augmentation de 0,8 % sur trois mois (+45 600 personnes) et de 1 % sur un an (+54 700 personnes).

La progression serait encore plus forte si, avec son plan 500 000 formations supplémentaires, le gouvernement n’avait pas fait grimper très substantiellement le nombre des inscrits en catégorie D (sans emploi mais non tenus d’en rechercher un). Relativement stable depuis septembre 2013 (entre 270 000 et 280 000 inscrits suivant les mois) jusqu’en avril 2016, le nombre de personnes dans ce cas a bondi depuis de 15,7 % ( et de 6,8% sur trois mois) pour s’établir à 324 700.

Politique Travail
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