Salle de conso à Paris : pourquoi ça va marcher
La première salle de consommation à moindre risque a été inaugurée le 11 octobre à Paris. Un nouvel « outil » de réduction des risques qui a fait ses preuves à l’étranger. Explications et visite guidée.

Flambants neufs, les locaux sont vastes, agréables, œuvre d’une équipe d’architectes qui les ont réalisés avec « une volonté de réduire le stress et accompagner les usagers dépendants en toute sérénité ». Jouxtant l’hôpital Lariboisière, cette salle de consommation à moindre risque (SCMR) est destinée aux nombreux usagers de drogues les plus précarisés, qui arpentent les rues du Xè arrondissement et de ce quartier de la gare du Nord (1).
Jusqu’à aujourd’hui, ceux-ci consommaient le plus souvent des drogues dans l’espace public ou dans des lieux semi-privés aux conditions d’hygiène généralement déplorables : parkings souterrains, toilettes publiques, caves, cages d’escaliers, ou parfois simplement dans la rue entre deux voitures… Des pratiques qui génèrent évidemment de graves nuisances pour les riverains qui, depuis des années, se plaignent de retrouver des seringues dans leurs immeubles ou d’avoir à enjamber un consommateur en rentrant de l’école avec leurs enfants.
Les SCMR sont nés il y a plus de trente ans en Suisse, dans les quartiers devenus des « scènes ouvertes » de consommations et de trafic de stupéfiants. Elles se sont ensuite développées dans une dizaine de pays, au Canada, Luxembourg, aux Pays-Bas, en Belgique ou en Australie. En pleine épidémie de sida, l’idée d’accueillir dans un lieu propre, avec du personnel médico-social, les usagers
