Mélenchon : Le sens d’un programme

Politis a demandé à quatre acteurs engagés du monde social et écologique de commenter le projet de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle.

Pauline Graulle  • 14 décembre 2016 abonné·es
Mélenchon : Le sens d’un programme
© Patrice Pierrot/CITIZENSIDE/AFP

Rupture de stock, même à la Fnac. Ils étaient inquiets, les Insoumis, de ne pas trouver le livre qu’ils étaient censés vendre lors d’une opération sur 1 000 points de vente le week-end dernier. Les 50 000 premiers exemplaires du programme de Jean-Luc Mélenchon, L’Avenir en commun (Seuil, 3 euros), publié le 1er décembre, sont partis comme des petits pains. La semaine dernière, le livre atterrissait à la 8e place du classement de Livres Hebdo, derrière Blake et Mortimer ou Harry Potter, et au coude à coude avec le livre d’un autre outsider de 2017, Révolutions, d’Emmanuel Macron (6e place).

Alors que la primaire du PS ressemble de plus en plus à un casting sans fin, c’est le premier véritable programme publié à ce jour à gauche. Inspirées par --« L’Humain d’abord » (le projet du Front de gauche en 2012) et fignolées par l’économiste Jacques Généreux et la juriste Charlotte Girard, ses 300 propositions sont un « work in progress » : des livrets thématiques, issus d’un travail collaboratif, devraient venir enrichir ce « squelette » déjà bien en chair.

Qu’y trouve-t-on ? « Tout commence par la reconquête de notre indépendance, écrit Jean-Luc Mélenchon en introduction. Cette Europe-là, soit on la change (plan A), soit on doit la quitter (plan B). » Une Europe plus démocratique et moins austéritaire : un préalable qui permettra à la France mélenchoniste de se déployer. Avec d’abord une grande réforme des institutions (mise en place de la 6e République, droit de vote à 16 ans, possibilité de révocation des élus, élection des députés à la proportionnelle…). Côté économique, il faudra compter avec le « protectionnisme solidaire » et la « planification écologique » : abrogation de la loi El Khomri, mise en place d’un salaire maximum, incitation aux 32 heures hebdomadaires, augmentation du Smic à 1 326 euros net, retraite à 60 ans, sortie du nucléaire et du diesel… Côté sociétal, on trouve, en vrac, l’abolition de la prostitution, la restauration de la police de proximité, le remboursement à 100 % des soins, la légalisation du cannabis, la scolarité obligatoire jusqu’à 18 ans… Versant international : l’harmonisation fiscale et sociale dans l’Union européenne ainsi que la sortie de l’Otan, du FMI et de la Banque mondiale sont au menu.

Mais tout cela est-il possible ? Et même souhaitable ? Nous avons demandé à quatre acteurs engagés du monde social et écologique de décortiquer L’Avenir en commun. Chacun entre dans ce débat avec sa culture et sa part de subjectivité. Tous en soulignent les avancées, mais aussi les imperfections. Gageons que Jean-Luc Mélenchon et son équipe sauront y trouver matière à nourrir le débat.

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