William Saurin : des recettes aussi suspectes que les comptes financiers

Voyage au pays de la bouffe industrielle.

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Il suffit d’examiner attentivement les étiquettes imprimées en lettres minuscules sur les boîtes pour comprendre qu’il n’y a pas seulement des problèmes de comptes financiers chez William Saurin. L’inspection minutieuse des informations, en général lisibles avec une loupe, permet en effet de constater que les conserves vantées par cette marque participent, avec d’autres, à l’arnaque et à la mauvaise alimentation des consommateurs. D’autant plus que cette société de bouffe industrielle qui proclame qu’elle « cuisine depuis 1898 », est en fait la propriété d’un holding financier regroupant une bonne vingtaine d’entreprises agro-alimentaires, souvent rachetées à vils prix. Toutes déguisant les fabrications industrielles sous des jolis noms (Paul Prédault, Tradition Traiteurs, Campagne, Delpeyrat, etc.) qui entretiennent l’illusion d’une cuisine de terroir. Visite guidée pour s’apercevoir qu’il n’y a pas que les comptes financiers de cette (grosse) PME qui méritent d’être regardés de très près.

Sur toutes les étiquettes, on constate d’abord l’omniprésence, sous toutes ses formes, du « gras » que la réglementation contraint les fabricants de mentionner. Sans préciser la grosseur des lettres, comme pour le reste des produits.

Dans le cassoulet au canard mitonné dans une grosse boîte, il n’y a que 84 grammes de canard baignant dans les haricots.

Avec la choucroute au Riesling, pas de risque au volant après consommation : il y a six grammes de vin pour un poids total de 810 grammes.

La choucroute ordinaire contient 92 grammes de viande et le « cassoulet mitonné » (sic) n’a droit qu’à la même quantité de viande alors que la boîte est deux fois plus grosse.

Dans la conserve de saucisses aux lentilles, joliment représentées sur l’étiquette, le consommateur affamé ne trouvera que 180 grammes de saucisse dans une grosse boîte pour deux personnes.

Tout le reste est à l’avenant, beaucoup de viandes grasses et une moyenne de neuf conservateurs, additifs et autres renforçateurs de goût par boite. Quant à ceux qui salivent depuis des années sur le couscous Garbit « préparé comme là-bas », ils devront se contenter, pour la boîte d’un kilogramme, de 190 grammes de poulet et de 80 grammes de bœuf.

Petite revue en détails qu’il est possible de reproduire pour la plupart des aliments industriels en boîte prétendant à la gastronomie et qui rappelle que la lecture des étiquettes n’est jamais une perte de temps.


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