Népotisme et soupçon d’emploi fictif

Les révélations du Canard enchaîné sur les emplois de Penelope Fillon mettent à mal l'image du candidat de la droite et son plan de campagne.

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Dans une campagne électorale, ce sont des révélations qui font mal. Selon Le Canard enchaîné (25 janvier), Penelope Fillon, qui se disait mère au foyer et sans emploi, a été rémunérée comme assistante parlementaire de son mari puis de son suppléant à l’Assemblée nationale, de 1998 à 2007, et de 2012 à 2013 quand François Fillon a retrouvé les bancs de l’opposition en qualité de député de Paris. Elle aurait ensuite exercé un emploi à La Revue des Deux Mondes, payé 5 000 euros brut par mois entre mai 2012 et décembre 2013. Encaissant ainsi environ 500 000 euros brut pour son travail à l’Assemblée, et quelque 100 000 euros pour trois petites notes de lecture.

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À cent jours de la présidentielle, la révélation de ce népotisme, aggravé d’un soupçon d’emploi fictif, a tout d’une catastrophe industrielle. François Fillon s’est imposé dans son camp, notamment sur une image de probité qu’il utilise pour réclamer plus d’austérité. Son plan de campagne s’effondre. Lui-même s’est enfoncé en révélant sur TF1 avoir fait travailler ses fils au Sénat « pour leurs compétences », à une époque où, vérification faite, ils ne pouvaient être avocats. Et quand il déclare dimanche n’avoir qu’un seul compte bancaire « au Crédit agricole de Sablé-sur-Sarthe », c’est faux : l’Assemblée exige des députés un compte spécial pour les transactions liées à leur mandat.

A-t-il attesté de la réalité du travail de son épouse aux policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières qui l’ont entendu lundi, à sa demande ? On ne sait. Mais l’audition séparée du couple a duré plus de cinq heures. L’affaire aurait pu faire les choux gras de Marine Le Pen si le Parlement européen ne venait pas de lui réclamer 340 000 euros en remboursement de salaires « indûment versés » à deux assistants parlementaires.


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