Syrie : Mensonges et confusions, des armes meurtrières

Depuis mars 2011, la répression a fait quelque 400 000 morts, tandis que la propagande de Damas a neutralisé toute possibilité de réponse internationale.

Denis Sieffert  • 8 mars 2017 abonné·es
Syrie : Mensonges et confusions, des armes meurtrières
© Photo : AMER ALMOHIBANY / AFP

De quel jour dater précisément le début de la révolution syrienne ? On retiendra un peu arbitrairement la date de ce 21 mars 2011, quand les émeutes ont pris de l’ampleur dans la ville de Deraa, à l’extrême sud du pays, sur la frontière avec la Jordanie. Voilà donc six ans que cette révolution, qui a tourné à la guerre civile, ravage la Syrie. Six ans et probablement plus de quatre cent mille morts, en grande majorité victimes du régime. Six ans et beaucoup de confusions, parce que Damas et Moscou n’ont cessé de mener une autre guerre, celle de l’information, avec, il faut bien le reconnaître, un certain succès.

D’emblée, le régime a qualifié de « terroristes » les manifestants. Il s’agissait de nier l’aspiration démocratique d’un peuple soumis à une dictature épouvantable depuis quarante-sept ans, quand le clan Assad s’est emparé du pouvoir. C’était pourtant, pour reprendre l’expression du grand intellectuel syrien Yassin al-Haj Saleh [1], « la révolution des gens ordinaires ». L’onde de choc des autres révolutions arabes, qui venaient de remporter de fragiles victoires à Tunis et au Caire. Comme toujours, il a fallu un événement déclenchant. Ce furent les tortures infligées à des gamins qui avaient inscrit des slogans hostiles au régime sur les murs de Deraa. L’indignation a rapidement gagné toutes les

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Monde
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