Étudiants précaires : se nourrir, un casse-tête

Alors que les APL ont diminué de 5 euros, la précarité étudiante augmente. Premier budget impacté : celui des repas. Face à cela, au-delà de la débrouille, des associations tentent de mettre en place des solutions collectives, comme les épiceries solidaires.

Malika Butzbach  • 16 octobre 2017 abonné·es
Étudiants précaires : se nourrir, un casse-tête
© Photo : JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

T out n'est pas noir non plus », « Je ne me plains pas, il y a pire »… Les étudiants ont tendance à minimiser leur précarité. Un peu par honte, surtout parce qu'ils se sentent préservés de la « vraie » misère. Pourtant, un rapport édité par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) constatait, en 2015, que 19,1 % des étudiants vivaient en dessous du seuil de pauvreté, soit avec 987 euros par mois (60 % du revenu médian). Plus d'un tiers, 36 %, touchaient des aides directes, mentionne ce même texte.

Augmentation des demandes de bourse

Un chiffre qui a sans doute évolué. D'après l'étude annuelle de l'Unef, le coût la vie étudiante a augmenté de 2,09 %. À la rentrée 2017, les demandes de bourse des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires (Crous) ont cru de 2,2 % a révélé Le Monde. Plus significatif encore de la paupérisation des étudiants : l'augmentation des demandes d'aides d'urgences délivrées par le Crous dans des situations d'extrême précarité. Il en existe de deux sortes, ponctuelle et annuelle, les montants sont fonction de l'échelon de bourse de l'étudiant. Ce fond spécial est alimenté par l'État. En 2016, 42 037 étudiants y ont eu recours, soit 1 160 de plus que l'année précédente (2,8%). Ces données expliquent l'indignation estudiantine lorsque le gouvernement a annoncé la diminution

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