Delphine Ernotte, sous la menace d’une motion de défiance

Les journalistes de France Télévisions sont appelés à rendre un verdict aujourd’hui.

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La colère ne diminue pas à France Télé. Malgré le rétropédalage de sa présidente, Delphine Ernotte, qui a revu à la baisse les suppression d'emplois au département information, les journalistes ont maintenu pour aujourd’hui le vote d’une motion de défiance à son encontre. Une première puisque d’ordinaire, ces motions s’adressent au patron de l’info ou au directeur de la rédaction. 

Dans le contexte actuel, sous la pression de Bercy, le groupe doit réaliser une économie de 50 millions d’euros. Une économie à tous les étages, qui prévoit alors de sucrer 180 postes en 2018, dont 30 à l’information. Dans un premier temps, France 2 avait prévu de réduire la voilure des magazines « Envoyé spécial » et « Complément d’enquête », avant de reculer devant le tollé général. Et de dix équivalents temps plein à supprimer, la direction est passée à trois (correspondant à six postes). Reste que même les journaux télé sont impactés par ces réductions drastiques, fragilisant toutes les cases, avec, à la clé, le risque d’externaliser l’information. Les producteurs se frottent déjà les mains.

Pour Delphine Ernotte, qui envisage par ailleurs de regrouper France 3 et France Bleu, en élargissant cette alliance à la presse quotidienne régionale et aux télévisions locales, il n’y a pas moyen de faire autrement. « Si l’information reste l’une des priorités du groupe, elle ne peut pas être exonérée des efforts d’économies que nous devons tous faire », a prévenu la patronne du groupe dans une lettre adressée aux salariés, tout en prenant « au sérieux la mise au vote d’une motion de censure. Elle témoigne d'une inquiétude réelle et d'une demande d'équité dans la répartition des efforts. Nous y serons vigilants et attentifs ».

Selon un communiqué envoyé à l’AFP, la Société des journalistes (SDJ) des rédactions nationales dénonce « une attaque inédite contre l’information du service public ». Sept cents salariés sont appelés à se prononcer. En attendant les résultats (mais que changeront-ils ?), la CGT, FO et le SNJ ont appelé à une grève pour demain mercredi.


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