Un point pour la rue

La journée de manifestation d'hier est un premier succès. Reste à gagner la bataille de l'opinion et à maintenir l'unité syndicale et politique pour transformer l'essai.

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Quel que soit le chiffrage, le constat est là : la journée de mobilisation du 22 mars a été un succès. Les cheminots en particulier ont montré leur détermination. Tous ceux qui spéculaient sur une absence de solidarité intergénérationnelle en sont pour leurs frais. Les actifs défendent opiniâtrement le statut pour la génération suivante. La remarque n’est pas anodine. C’est la preuve qu’il y a une conscience des enjeux qui dépasse de beaucoup le sort de chacun.

La même compréhension de ce qui se joue peut conduire à une mobilisation bien au-delà des catégories directement concernées par la double offensive gouvernementale contre les fonctionnaires et les employés de la SNCF. Car rien ne sera possible si, au-delà des fonctionnaires et des cheminots, une grande partie de l’opinion ne manifeste pas, d’une façon ou d’une autre, sa solidarité avec les grévistes de début avril.

Depuis jeudi, l’une des conditions du succès, la première, l’indispensable, est donc remplie. Mais pour gagner l’opinion à la cause des grévistes, il faudra plus. Il faudra un travail de pédagogie. Politis entend y contribuer pleinement. Il faudra expliquer inlassablement qu’il en va de la notion même de service public, et que celle-ci est consubstantielle à l’organisation sociale de notre pays, et à sa tradition.

Les quelques signes observés autour de la journée de jeudi montrent que l’affaire est plutôt bien engagée. Mais d’autres conditions sont nécessaires. Il faut que la fragile unité syndicale ne se fissure pas. Là encore, c’est l’état de l’opinion qui en décidera. Et il faut que l’unité politique de la gauche, ébauchée jeudi, aille en se renforçant. Nous pensons depuis plusieurs années qu’une recomposition de la gauche ne peut se faire que dans le feu de l’action. Seul un mouvement social d’ampleur peut y aider. Nous y sommes peut-être.


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