Syrie : Les abandons occidentaux

Les habitants de la Ghouta comme les Kurdes de Syrie sont abandonnés à leur sort par les grandes puissances.

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En Syrie, un conflit s’achève, un autre s’annonce. Tandis que le régime, aidé par la Russie, reprend la Ghouta orientale, zone longtemps tenue par les rebelles à l’est de Damas, les Kurdes se préparent à faire face à une nouvelle offensive turque dans le nord de la Syrie. Dans les deux cas, les capitales occidentales jouent un rôle peu reluisant. La population de la Ghouta a été complètement abandonnée à son sort. Pris sous un déluge de bombes, les habitants, qui avaient été parmi les premiers à manifester pacifiquement contre le régime en 2011, sont évacués sans garanties d’échapper à la torture s’ils ne font pas allégeance à Bachar Al-Assad. Paradoxalement, ce sont les groupes jihadistes qui sont les mieux traités, exfiltrés vers les zones encore tenues par les rebelles, dans les régions d’Idlib et d’Alep, au nord-ouest du pays. Le sort des civils est beaucoup plus incertain. En cinq semaines de siège, 1 600 civils ont été tués dans la Ghouta orientale.

Pendant ce temps, les Kurdes redoutent une nouvelle offensive turque sur Minbej, la grande ville kurde du nord de la Syrie. Les combattants kurdes, qui ont joué un rôle déterminant dans la lutte contre Daech, tentent d’obtenir des garanties de leurs anciens alliés occidentaux. Le 29 mars, la visite à Paris de membres de la coalition arabo-kurde s’est terminée dans une grande confusion. Leur principal représentant, Khaled Issa, a assuré que la France allait « renforcer son dispositif militaire » à Minbej.

Surinterprétation des propos élyséens ou ambiguïtés françaises ? La présidence française s’est en tout cas empressée de minimiser. On voit mal la France s’engager sur le terrain face à la Turquie. De leur côté, les États-Unis ne sont pas plus à l’aise. Présents à Minbej, ils pourraient s’en retirer, ouvrant ainsi la voie aux troupes turques. Comme la Russie l’avait fait à Afrine… Pauvres Kurdes !


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