Israël : vers une crise gouvernementale

Le très raciste ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, a annoncé mercredi sa démission pour protester contre le cessez-le-feu intervenu la veille à Gaza.

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Gaza fait imploser le gouvernement d’extrême droite israélien. Le très raciste ministre de la Défense, Avigdor Lieberman, a annoncé mercredi sa démission pour protester contre le cessez-le-feu intervenu la veille à Gaza.

Lieberman a qualifié de « capitulation devant le terrorisme », l’accord conclu avec le Hamas palestinien. Cet accord est également vivement critiqué par un autre poids lourd du gouvernement Netanyahou, le ministre de l’Éducation, l’ultra-religieux Naftali Bennett. 

Le cessez-le-feu est intervenu après plusieurs jours de vive tension consécutive à une opération israélienne à Gaza dont l’objectif était probablement d’assassiner un leader de la branche armée du Hamas, Nour Baraka. L’opération avait tourné au fiasco et provoqué un échange de tirs, puis plusieurs raids de l’aviation israélienne. Quatorze Palestiniens avaient été tués ainsi qu’un officier israélien. 

L’étonnant dans cette affaire, qui avait toutes les apparences d’une provocation, c’est qu’elle intervenait alors que des discussions avancées avaient lieu entre le Hamas et Israël par l’intermédiaire de l’Égypte, et alors que le Qatar avait été autorisé à transférer dans l’enclave palestinienne une somme de soixante millions de dollars pour permettre le redémarrage de la centrale électrique, et s’était engagé à payer les salaires des fonctionnaires gazaouis. 

La surenchère de l’extrême-droite met en danger Netanyahou qui a dû, lui, tenir compte du contexte international et des pressions d’une partie du monde arabe dont il a grand besoin dans son éternel projet de conflit avec l’Iran. De plus, le Premier ministre israélien sait, après deux offensives meurtrières sur Gaza, en 2009 et 2014, qu’une victoire militaire contre le Hamas est très incertaine. 

La défection de Lieberman, qui a annoncé que son parti ultra-nationaliste Israël Beytenou se retirait aussi de la coalition, pourrait conduire à des élections anticipées, alors que la prochaine échéance électorale est fixée à novembre 2019.


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