Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Crime écologique au Brésil

« Ce n’est pas un accident, c’est un crime », a dénoncé Marina Silva, ancienne ministre de l’Environnement de Lula. Un barrage minier s’est rompu, le 25 janvier, à Brumadinho, dans le sud-est du Brésil. Villages, maisons, végétation… Le fleuve de boue, dont on connaît mal la toxicité, a tout dévasté, causant au moins 60 morts et plus de 300 disparus. À titre de réparations, la justice a immédiatement bloqué 2,5 milliards d’euros sur les comptes de Vale, le géant minier, déjà responsable d’un désastre écologique et humain (19 morts) similaire il y a trois ans. Le Brésil compte 24 000 barrages de tous types, dont seulement moins de 60 % sont autorisés à opérer. Avant le drame, le nouveau président Bolsonaro envisageait pourtant d’alléger les procédures d’autorisation administrative.

Ford retoqué à Blanquefort

Quinze jours de sursis : la préfecture de Gironde a rejeté le plan de sauvegarde de l’emploi de Ford, qui veut fermer l’usine de Blanquefort (850 salariés). Ce répit donne du temps à Punch Powerglide, société franco-belge de Strasbourg, qui souhaite reprendre le site. « C’est une bonne nouvelle, ça va obliger Ford à revoir sa copie et à étudier plus sérieusement le projet de reprise par Punch défendu par les salariés », s’est réjoui Philippe Poutou, délégué CGT.

Wyllys, un exil vital

C’est « de l’étranger » que Jean Wyllys, 44 ans, a annoncé qu’il renonçait à son troisième mandat de député. Seul parlementaire national homosexuel déclaré, défenseur emblématique des droits des LGBT dans un Brésil où ils risquent leur vie plus qu’ailleurs (telle Marielle Franco, assassinée en mars 2018), il va « attendre des jours meilleurs » hors du Brésil. Wyllys s’était aussi distingué en 2016 en crachant au visage de Bolsonaro, qui venait de dédier son vote pour la destitution de Dilma Rousseff au militaire qui l’avait torturée lors de la dictature.

Tsipras vainc les chauvins

Pari réussi. Alexis Tsipras a réussi à faire ratifier par le Parlement grec l’accord historique qui met fin à 28 ans de querelle avec son voisin, qui existera désormais sous le nom de Macédoine du Nord, et ne se heurtera plus au veto diplomatique d’Athènes. Dans une Europe rongée par les nationalismes, c’est une victoire pour le leader de Syriza et son homologue social-démocrate macédonien Zoran Zaev, qui ont tenu bon.

Philippe hué et petit bras

Après Emmanuel Macron, c’est Édouard Philippe qui s’est invité « par hasard » (mais accompagné tout de même d’une équipe de LCI qui a retransmis l’événement en direct) au « grand débat national ». Alors que le Président avait opté pour Bourg-de-Péage (Drôme), fief de son ministre Didier Guillaume (et où il avait fait avancer la réunion de deux jours), le Premier ministre a fait son apparition le 25 janvier à Sartrouville, terre d’élection de Yaël Braun-Pivet, un des piliers de LREM à l’Assemblée.

Là où Macron avait répondu directement aux questions des participants, Édouard Philippe a sagement écouté les demandes de chacun pendant une heure et demie, avant de leur livrer une réponse globale, ce qui lui a permis de faire le tri. Aux demandes de rétablissement de l’ISF, il a ressorti la menace d’un exil des plus fortunés, qui du coup ne paieraient plus ni l’impôt sur le revenu ni la TVA.

« Mais s’ils achètent une villa, ils seront taxés », a-t-il voulu rassurer, sans préciser que, s’ils acquièrent un tableau de Dali ou un yacht, ils seront exonérés d’impôts… Copieusement hué lors de son entrée et de sa sortie de la « salle des doléances » de la mairie de Sartrouville, Philippe a ensuite publié sur son compte Twitter une vidéo promotionnelle soigneusement édulcorée. Encore un hasard, sans doute.

Européennes : le choix lepéno-compatible de Wauquiez

La désignation par Laurent Wauquiez de François-Xavier Bellamy pour tirer la liste Les Républicains aux européennes fait sérieusement tousser plusieurs caciques du parti de droite, Gérard Larcher en tête. Ils reprochent à cet élu versaillais de 33 ans, professeur de philosophie en khâgne à Paris et auteur de plusieurs essais, ses positions très conservatrices, notamment sur l’IVG (il est contre) ou l’extension de la PMA aux femmes seules et couples de femmes, qu’il compare à la dérégulation de la finance. Cette désignation ravit en revanche Marion Maréchal : « Je ne vois pas ce qui demain, à travers ce type de personnalité, empêcherait qu’il puisse y avoir des alliances pour défendre le plus efficacement les Français face aux différents périls et menaces de l’UE », déclarait-elle le 29 novembre sur BFM TV.

Faure tacle le bilan Hollande

Après l’avoir longtemps repoussé aux calendes grecques, le PS s’est enfin attelé à dresser l’inventaire du quinquennat de François Hollande. Le 28 janvier, au nouveau siège d’un PS qui a dû vendre Solférino pour se renflouer, Olivier Faure a choisi des mots implacables pour résumer le bilan de l’ancien président. Catharsis après avoir trop longtemps gardé le silence : le premier secrétaire a dénoncé une gauche qui a « trahi » les Français. Le CICE ? Un « débat manqué ». La loi travail ? « Une réforme bâclée ». La déchéance de nationalité ? « Une blessure profonde ». Un inventaire qui fâchera les hollandistes, mais dont l’objectif est sans nul doute de rhabiller la mariée PS en quête d’alliances à gauche avant les européennes. « Il n’y a pas de gauches irréconciliables », a lancé Faure. Pas sûr que ce réquisitoire tardif y suffise.

Agression contre le NPA

Lors de l’acte 11 des gilets jaunes, le 26 janvier à Paris, le cortège du NPA a été attaqué à deux reprises par une cinquantaine d’individus d’extrême droite, qui ont fait plusieurs blessés. Cette agression revendiquée par les « Zouaves », un groupuscule ultra-violent, justifie s’il en était besoin la création, le 23 janvier, d’une commission d’enquête parlementaire, présidée par la députée LFI Muriel Ressiguier, sur les activités délictuelles de ces groupes.

La photo de la semaine

© Politis

Des militants de Greenpeace ont dessiné un thermomètre en feu près de la centrale de lignite de Niederaussen, près de Rommerskirchen, dans l’ouest de l’Allemagne pour dénoncer le risque d’un réchauffement global supérieur à 1,5 °C. La lignite, variété de charbon particulièrement polluante, est encore massivement utilisée dans la production d’électricité en Allemagne. Crédit : Roland Weihrauch/DPA/AFP


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