Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Coca-Cola arrose le Conseil de l’UE

Logos Coca-Cola entourés des étoiles de l’UE, poufs et distributeurs de boissons à l’effigie de la multinationale : Coca-Cola est « partenaire platine » du Conseil de l’Union européenne, moyennant 40 000 euros.

Aucun lien, évidemment, avec les discussions en cours pour une taxe sur le sucre ou l’étiquetage nutritionnel, qui se dérouleront en toute indépendance.

Fichage des mineurs isolés : le Conseil d’État saisi

Alors que, le 14 mars, le Conseil constitutionnel va se prononcer sur la constitutionnalité des tests radiologiques pour évaluer l’âge des mineurs isolés, dix-neuf associations et syndicats ont saisi le Conseil d’État, le 28 février, pour « contester la légalité du décret du 30 janvier 2019 qui autorise [leur] fichage ». Une question prioritaire de constitutionnalité va également être déposée contre l’article de la loi asile et immigration ayant introduit cette mesure. Le fichage a démarré dans l’Essonne, l’Isère et le Bas-Rhin.

Brésil : après le barrage, les dirigeants cèdent

Fabio Schvartsman, président du groupe minier Vale, et trois directeurs ont renoncé « temporairement » à leurs fonctions après la catastrophe de Brumadinho (État du Minas Gerais), où un barrage de déchets miniers du géant brésilien, premier mondial pour le fer, a cédé le 25 janvier. Le torrent de boues a fait plus de 300 morts. La Vale a dû céder sous la pression des politiques et de l’opinion. Il faut dire qu’elle possédait aussi le barrage qui a lâché fin 2015 à Mariana, dans le même État, tuant 19 personnes et provoquant un énorme désastre écologique. Depuis, la Vale s’est distinguée par son inefficacité à réparer les dégâts et sa capacité à échapper aux poursuites. Pourtant, selon des spécialistes, c’est l’ensemble de ses barrages qui risquent la rupture à tout moment, faute d’investissements pour la protection environnementale. Et les investigations devraient prouver que la Vale connaissait les risques à Brumadinho, mais avait choisi de ne rien faire. L’original retrait « temporaire » des hauts dirigeants promet d’être définitif.

Antisémite bon teint

L’auteur de tags nazis et antisémites réalisés dans le RER C au cours du mois de février est un cadre de 65 ans, chargé du budget au conseil départemental des Yvelines. Jugé en comparution immédiate le 2 mars par le tribunal correctionnel de Paris, il a été condamné à 6 mois de prison avec sursis pour les dégradations commises. Les délits d’incitation à la haine raciste relevant du droit de la presse, ils ne peuvent être jugés en flagrant délit. Un second procès est donc susceptible de succéder à celui-ci. Cependant, les égards dont a fait preuve le juge envers le prévenu lors de son interrogatoire, tels que lemonde.fr les a rapportés, surprennent. Qu’en aurait-il été si celui-ci avait été issu de banlieues ordinairement caricaturées, de cités stigmatisées ?

Vaccin: Sanofi de nouveau en justice

Résultats d’enquête et nouvelles plaintes à l’appui, le ministère de la Justice philippin a annoncé, le 1er mars, la prochaine inculpation de six dirigeants de Sanofi-Pasteur pour « négligence grave ayant entraîné la mort ». En cause : le Dengvaxia, vaccin contre la dengue soupçonné d’avoir joué un rôle dans la mort de dix enfants lors d’une campagne de vaccination menée auprès de 837 000 écoliers en 2016. Ce vaccin n’a pas reçu d’autorisation de mise sur le marché en France ni aux États-Unis. Mais, en octobre 2018, Sanofi-Pasteur a annoncé avoir reçu un avis positif de l’Agence européenne du médicament pour les zones d’endémie.

États-Unis: le climat, futur candidat anti-Trump ?

Le président états-unien pourrait affronter, pour la présidentielle de 2020, un adversaire plus rassembleur que jamais. On ne parle pas de réconciliation des tendances au sein des Démocrates, mais de climat : alors qu’Hillary Clinton avait marginalisée la question du dérèglement en 2016 face à Trump, les sept candidats sollicitant actuellement l’investiture du parti la placent en tête de leurs credo politiques. Les sénatrices et sénateurs Cory Booker, Kirsten Gillibrand, Kamala Harris, Amy Klobuchar, Bernie Sanders et Elizabeth Warren ont été crédités, pour leur action, de la note maximale des environnementalistes de la League of Conservation Voters. Quand à Jay Inslee, gouverneur démocrate de l’État de Washington, qui vient aussi de se mettre sur les rangs, il est surnommé « le guerrier du climat »…

Chômage : haro sur les précaires

Pour dégager entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur les allocations-chômage, le gouvernement a soigné sa communication : selon la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, « un chômeur sur cinq [perçoit] un montant d’allocation-chômage mensuel plus élevé que le salaire mensuel moyen perçu antérieurement ». Un peu brumeux, certes – d’autant que personne n’est en mesure de dire d’où vient ce calcul –, mais suffisant pour laisser penser que les chômeurs gagneraient plus en restant sur leur canapé qu’en travaillant !

Le raccourci est pourtant trompeur et mélange des cas incomparables. Le gouvernement oppose d’un côté l’indemnisation d’un chômeur « permittent », qui alterne petits contrats et périodes de chômage, et de l’autre l’allocation perçue par un salarié à temps partiel qui perdrait tout emploi. Avec un nombre d’heures cotisées égal, ces deux allocataires perçoivent une indemnité différente, résultat d’un mode de calcul complexe qui incite les chômeurs à accepter des minijobs plutôt que de rester au chômage à plein temps. Mais la durée d’indemnisation des permittents est plus courte. Leur crédit de droit (pour lequel ils ont d’ailleurs cotisé) reste donc in fine identique.

Photo de la semaine

© Politis

Le photojournaliste égyptien Mahmoud Abou Zeid, dit « Shawkan », a été libéré lundi 2 mars après 5 ans et demi de prison. Il avait été arrêté le 14 août 2013 au Caire alors qu’il couvrait, pour une agence basée à Londres, une manifestation de partisans du Président déchu Mohamed Morsi dont la répression avait fait plus de 600 morts. Selon RSF, au moins 32 journalistes sont toujours emprisonnés en Égypte pour leur travail (crédit : Mohamed El Raai/DPA/AFP).


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