Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Attentat en Nouvelle-Zélande : un terroriste blanc n’a rien à voir avec les Blancs…

Vendredi 15 mars, à Christchurch, en Nouvelle-Zélande, un homme de 28 ans accomplit un massacre dans deux mosquées du centre-ville. Bilan : 49 morts et 90 blessés. Brenton Tarrant, ressortissant australien, revendique la dimension politique de son acte terroriste à travers un manifeste où il affiche son idéologie raciste, suprémaciste et fasciste. Obsédé par le « génocide blanc » commis par les « envahisseurs », il a intitulé son texte « Le grand remplacement », reprenant à son compte cette notion fantasmatique inventée par l’écrivain Renaud Camus.

En France, où Brenton Tarrant a fait un séjour ayant renforcé sa conviction qu’il fallait passer à l’acte, l’attention politico-médiatique se porte pourtant plus volontiers sur les cinq enfants de jihadistes rapatriés de Syrie – source, bien sûr, de terribles dangers. En France, si la théorie du grand remplacement est associée à l’extrême droite, on omet de rappeler, par exemple, que l’un des cadres actuels des Républicains, Guillaume Larrivé, l’a reprise dans un livre publié en 2017, Insoumission (sic).

Surtout, on considère Brenton Tarrant comme un cas isolé, un individu sans lien avec sa culture, alors qu’un meurtrier non blanc serait renvoyé à sa communauté ou à sa religion. On ne demande pas aux Blancs de se désolidariser de cette tuerie, comme on l’exige des musulmans quand un attentat islamiste a lieu. On ne fait pas la publicité des propos de la Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern : « Beaucoup de ceux qui ont été directement touchés par la fusillade pourraient être des migrants en Nouvelle-Zélande. Ce sont peut-être même des réfugiés. Ils ont choisi de faire de la ­Nouvelle-Zélande leur maison. Ils sont des nôtres. » En France, on passe vite à autre chose…

Adama Traoré : Nouveau rapport médical

Combat d’expertises, combats de médecins, combats d’honneur. La famille d’Adama Traoré a remis un nouveau rapport médical sur les causes du décès du jeune homme de 24 ans aux juges d’instruction qui s’apprêtaient à clore l’instruction. Ce document réalisé par quatre médecins spécialistes des deux maladies dont souffrait Adama (la drépanocytose et une pathologie rare) contredit l’expertise judiciaire. Les gendarmes ainsi que les conditions d’interpellation, notamment la technique du plaquage ventral, sont clairement mis en cause. Le 19 juillet 2016, Adama Traoré a pris le poids des trois gendarmes qui l’ont interpellé à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). Il est mort deux heures plus tard à la gendarmerie. La famille Traoré et son avocat Yassine Bouzrou attendent désormais que les gendarmes soient interrogés, et une reconstitution sur les lieux de l’arrestation organisée.

28 084 sans-logement à Paris

Les recenseurs de la « nuit de la solidarité » (7-8 février) ont rencontré 641 sans-abri dans les rues, auxquels il faut ajouter 24 443 personnes dépourvues de logement qui dormaient dans diverses structures d’accueil. Soit quand même 1,3 % de la population parisienne. Le premier recensement, en 2018, avait révélé que 12 % étaient des femmes, alors qu’on pensait jusqu’alors leur part à 2 %.

La photo de la semaine : Maraude géante à la frontière italienne

© Politis

Trois cents militants de plusieurs associations – Amnesty international, Médecins du monde, Médecins sans frontières, Cimade et Secours catholique – se sont rassemblés le 15 mars à Montgenèvre, près de la frontière italienne, en solidarité avec les migrants et contre la répression du délit de solidarité. Ils se sont ensuite séparés en petits groupes pour une grande maraude en montagne.

Crédit photo : JEAN-PIERRE CLATOT/AFP


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