Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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L’Algérie emprisonne une leader politique

L’arrestation de Louisa Hanoune, le 9 mai à Blida, inquiète les forces démocratiques algériennes : c’est la première fois depuis les années 1990 qu’un leader politique est envoyé en prison. Dirigeante du Parti des travailleurs (trotskiste), trois fois candidate à la présidentielle, Louisa Hanoune est ciblée dans la même enquête que celle qui vise Said Bouteflika, frère du grabataire déchu, pour « complots contre l’État ».

Startup-Nation : le gouvernement vole au secours des plateformes

Les juges ont pris la fâcheuse habitude de requalifier les contrats signés avec leurs travailleurs par les Deliveroo, Uber et autres plateformes de services en ligne en contrats de travail salarié. Mais le salut de ces sociétés viendra, de la loi « mobilités » en cours d’examen à l’Assemblée qui leur permet de pondre une charte pour « offrir des droits sociaux supplémentaires ». Une manière de se prémunir juridiquement des risques de requalification, avec des droits sans commune mesure cependant avec la protection sociale due à un salarié par son employeur. Et ces maigres droits participent, selon les syndicats d’autoentrepreneurs, d’une « dépendance économique exclusive » à une plateforme unique. En clair, les travailleurs n’auront ni la liberté du statut d’indépendant ni la protection de celui de salarié.

Oraison funèbre à France Musique

« Tapage nocturne », de Bruno Letort, « Le Cri du patchwork », de Clément Lebrun, « Ocora couleurs du monde », de Françoise Degeorges, ou encore « À l’improviste », d’Anne Montaron, et « Le Portrait contemporain », d’Arnaud Merlin. Pour de piètres raisons budgétaires, France Musique flingue la musique vivante et supprime de sa grille de programme ses meilleures émissions au profit d’un flux de musique classique. La place du direct et des concerts n’est pas non plus épargnée. C’est donc tout un secteur artistique qui est brisé, auteurs, compositeurs et éditeurs, interprètes et techniciens du son.

Santé : les droits des étrangers malades régressent

Le système de soins français n’engendre pas d’appel d’air. C’est ce que souligne le Défenseur des droits dans son rapport du 13 mai sur les personnes malades étrangères. Un préalable pour démonter une idée reçue tenace. La réforme de l’Assurance maladie dite « PUMa » a fait régresser les droits des étrangers en situation régulière, alerte-t-il. Ceux en situation irrégulière restent exclus du système de protection universel. Et le droit au séjour des personnes gravement malades s’est détérioré. Jacques Toubon recommande donc des mesures garantissant l’accès à l’Assurance maladie, la fusion de l’Assurance maladie et de l’Aide médicale d’État, des textes permettant à tous de demander un séjour pour soins, l’ouverture de voies de recours, et le renforcement de la présence médicale en centre de rétention.

Référendum : RIP la privatisation d’ADP

En validant, le 9 mai, la demande de « référendum d’initiative partagée » sur le projet de privatisation des aéroports de Paris (ADP), le Conseil constitutionnel inaugure un dispositif qu’on croyait uniquement décoratif. Obstacles de taille néanmoins, il n’y aura de référendum que si la proposition recueille 4,7 millions de signatures et que le gouvernement ne parvient pas à faire examiner un texte de loi par les deux chambres du Parlement, l’Assemblée et le Sénat. Mais la macronie, seule contre tous, ne pourra pas s’économiser un tapage sur ce dossier symbolique, avec une opposition partie à la chasse aux signatures. Une sacrée fausse note dans la partition interprétée fin avril en conclusion du « grand débat » par Emmanuel Macron, qui louait alors les vertus du « référendum d’initiative partagée », aux mains de parlementaires – pour mieux écarter le référendum d’initiative citoyenne, version gilets jaunes –, et comptait le faciliter en abaissant à 1 million le nombre de signatures nécessaires. C’est l’occasion rêvée !

Discrimination : RTE licencie un salarié malentendant

Martin a été licencié en septembre de son poste de technicien chez Réseau de transports d’électricité (RTE), dix mois après son embauche, au motif qu’une surdité partielle et sa dyslexie entraînaient des « erreurs répétées » dans son travail. Le jeune homme de 25 ans, un BTS maintenance informatique en poche, a été jugé inapte à tout poste par le médecin du travail interne à l’entreprise. Manière de dispenser RTE de son obligation de reclassement en interne. Mais il compte faire valoir une autre version, ce jeudi 16 mai devant les prud’hommes de Marseille, avec l’appui de l’avis d’un médecin-inspecteur du ministère du Travail (Direccte), qui ne confirme pas l’inaptitude à tout poste. Embauché dans le cadre d’un accord handicap, il estime n’avoir pas été suffisamment formé à son poste, avec des adaptations insuffisantes et demande sa réintégration.

Une loi très calculée

À chacune des 34 listes candidates aux européennes, le CSA a accordé au minimum 3’33’’ d’antenne. Mais certaines, en application d’un nouveau mode de calcul inscrit dans la loi du 25 juin 2018 concocté par La République en marche, se sont vues attribuer un temps additionnel. Au total, LREM et le RN se taillent la part du lion avec respectivement 55’53’’ et 48’11’’. Les macroniens font bien les choses. ## Européennes : les listes affichent des profils très typés Seulement 27 % de têtes de liste ont été attribuées cette année à des femmes contre 40 % en 2014, quand le scrutin se tenait dans de grandes circonscriptions régionales. Ce recul est l’un des enseignements de l’étude réalisée par Harris interactive sur le profil sociodémographique des candidats aux européennes des quinze principales listes. Si la liste LREM de Nathalie Loiseau est celle qui compte le plus de cadres et de professions libérales (67 % alors que leur part dans la population française n’est que de 9 %), devant celles du PS (55 %), de Génération·s (52 %), LR (51 %) et EELV (43 %), elle ne compte comme cette dernière aucun ouvrier, catégorie totalement absente des listes de droite et d’extrême droite. C’est dans la liste du PCF que les employés et les ouvriers (17 % et 13 % dans la société) sont les plus présents avec 27 % et 9 %, sans atteindre 50 % comme le prétendent les communistes sur leurs tracts et affiches. Ils sont aussi bien représentés dans la liste des insoumis (18 % et 6 %), qui affiche la moyenne d’âge la plus basse avec 42 ans et 7 mois, soit 5 ans de moins que la liste LREM, la plus âgée étant celle de Nicolas Dupont-Aignan, qui affiche 55 ans et 3 mois.

Photo de la semaine : Sale campagne

Des militants écologistes, en T-Shirt rouge, appellent, le 14 mai, les candidats aux récentes élections de mi-mandat philippines et le public à prendre en charge le nettoyage d’un matériel de campagne pléthorique et plutôt salissant. 61 millions de Philippins élisaient, lundi 13 mai, des maires et gouverneurs, et renouvelaient une partie du Parlement, dont le Sénat, qui joue un rôle de contre-pouvoir face au sinistre président Rodrigo Duterte.

© Politis

Crédit photo : Noel CELIS/AFP


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