Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Turquie : une grève de la faim fait plier Erdogan

Victorieux, les soutiens du leader incarcéré du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ont mis un terme à une longue grève de la faim dans les prisons turques. Suivie par 3 000 détenus, une députée prokurde incarcérée refusait de s’alimenter depuis novembre pour protester contre les conditions de détention d’Abdullah Öcalan. Après avoir imposé au chef kurde l’isolement pendant huit années, le gouvernement turc lui a de nouveau permis de voir ses avocats. Le dirigeant du PKK a pu rencontrer ses conseillers juridiques à deux reprises grâce à l’assouplissement de son incarcération. « Un processus de négociation démocratique est absolument nécessaire, loin de toute polarisation et culture de conflit, pour la résolution des problèmes », a confié Öcalan à ses avocats. Début d’un nouveau processus de paix entre le PKK et l’État turc ? Ou manœuvre électoraliste d’Erdogan pour s’attirer les faveurs de l’électorat prokurde d’Istanbul, où l’élection municipale perdue en mars sera rejouée de juin ?

Soutenir L’Huma

« T’as pas vingt balles pour sauver L’Humanité ? », demande l’affichette, sous forme de « une » du quotidien communiste, illustrée par un dessin imitant la célèbre photo de Jaurès juché sur une petite estrade, haranguant la foule. En difficulté financière, « le journal fondé par Jean Jaurès » (en 1904 !) invite ses lectrices et lecteurs et, au-delà, les citoyennes et citoyens engagés, ou simplement attachés au pluralisme de la presse, à une soirée de soutien à Paris, le 6 juin, au Café de la Gare, à 19 h 30. Pour donner et – surtout – s’abonner à L’Huma, allons-y nombreux !

Café de Gare, 41, rue du Temple, 75004 Paris. Entrée : 20 euros.

Calédonie : un président FLNKS

Assommés, les élus « loyalistes » du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Tout occupés à s’écharper, les deux groupes de droite n’ont pas vu venir le coup : l’Éveil océanien, parti représentant les Wallisiens et Futuniens, qui vote traditionnellement avec eux, s’est rangé au côté du FLNKS pour élire Roch Wamytan (photo) à la présidence de l’assemblée. « Travailler avec les indépendantistes, ce n’est pas travailler pour l’indépendance », a justifié Milakulo Tukumuli, leader de l’Éveil océanien, qui milite pour « un nouveau modèle, moins inégalitaire ». Ce basculement ouvre la voie à un scénario inédit, la formation d’un gouvernement du territoire sans la droite loyaliste. La position du FLNKS serait considérablement renforcée pour le nouveau référendum sur l’indépendance prévu en 2020. Wallisiens et Futuniens – 10 % de l’électorat – vivent les mêmes difficultés économiques et sociales que les Kanaks.

Migrants : Dublin, le règlement infernal

Flashmob. Le 25 mai, la Cimade a organisé des actions de rue chorégraphiées dans plusieurs villes, dont Paris, Lyon, Tarbes et Grenoble, pour dénoncer la machine infernale que représente le règlement de Dublin. Cette procédure, qui impose à tout demandeur d’asile de déposer son dossier dans son pays d’entrée dans l’espace Schengen, est vilipendée depuis des années par les défenseurs des migrants. Non seulement les personnes ne peuvent choisir leur terre d’asile, mais la responsabilité de leur sort est reportée sur les États frontaliers. Quantité de « dublinés » errent ainsi sans droits ni titre à la suite d’une expulsion, coincés dans des impasses juridiques. La Cimade a publié le 25 avril un rapport mettant en évidence l’absurdité et le caractère répressif de Dublin qui s’inscrit dans la campagne Stop Dublin ! À noter : les États n’ont pas l’obligation de dubliner…

Élections : la Belgique tiraillée

Sombres perspectives pour la Belgique, dont le système politique ultracomplexe se double d’une division des familles politiques entre Flamands et francophones. À l’issue des élections générales du 26 mai, le paysage est plus fragmenté que jamais, mais avec une extrême droite flamande qui triple son score (18,5 %). Or, même si le Vlaams Belang est un parti de la pire espèce brune, ouvertement xénophobe, la digue qui le bannissait de toute coalition (principe de base en Belgique) menace de céder, la droite ne rejetant pas la possibilité de l’inclure dans les négociations. Les écologistes progressent également, mais pas suffisamment pour revendiquer la direction de la région Bruxelles-Capitale, comme ils l’espéraient. Les sociaux-démocrates, eux, s’effondrent partout, au profit notamment, sur leur gauche, du Parti du travail, seul parti unitaire à l’échelle de la Belgique, qui réalise 8,6 % des voix.

La photo de la semaine : Déluge de feu à Idlib

Une fillette est extraite des décombres après que l’aviation russe et syrienne a bombardé le marché de Maarat Al-Numan, au sud d’Idlib, le 26 mai à l’heure d’affluence, faisant quatre morts. Les bombardements se sont encore intensifiés le week-end dernier sur la zone rebelle du nord de la Syrie, où s’entassent quelque 3,5 millions de civils, pour beaucoup évacués des zones reprises par le régime. Depuis fin avril, 230 personnes ont été tuées et plus de 200 000 ont été déplacées.

© Politis

Crédit photo : Abdulaziz KETAZ/AFP


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