Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Des Russes défendent un journaliste

En s’attaquant au journaliste d’investigation Ivan Golounov, le pouvoir russe pensait être dans sa routine. Éteindre sans faire de vague une voix qui dévoile, sur le site indépendant Meduza, les fils de la corruption et des connivences entre mafias et politiques. Mais, cette fois, des centaines de Russes ont protesté, sur les réseaux sociaux, mais aussi devant le siège de la police à Moscou. « Je suis, nous sommes Ivan Golounov », ont titré en Une les trois principaux journaux économiques du pays, Kommersant, Vedomosti et RBK. Même certains médias d’État ont exprimé leurs doutes. Il faut dire que le procédé – accuser le journaliste de « trafic de drogue » – est la signature habituelle des bonnes vieille méthodes kagébistes. Premier résultat de la mobilisation : Golounov n’a finalement pas été emprisonné, mais placé en résidence surveillée.

Viande à vomir

Beaucoup de gras, de l’amidon, du soja et très peu de viande : puisque ses « steaks » hachés étaient destinés aux plus démunis (via la Croix-Rouge, la Fédération française des banques alimentaires, les Restaurants du cœur et le Secours populaire), un industriel cynique n’a pas hésité, et en a livré 780 tonnes – et empoché un marché de plusieurs millions d’euros. Illustration de tous les sens du mot « dégueulasse ».

Emprunts toxiques : la justice du côté des banques

Trois irréductibles Vichyssois résistent encore et toujours aux banques et à leurs alliés au sein du pouvoir. Leur plainte devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand contre le protocole de sortie des emprunts toxiques a buté le 28 mai sur un avis d’incompétence, mais ils auront au moins révélé la légèreté avec laquelle les élus locaux ont adoubé le plan de sortie douce du scandale financier orchestré par Dexia en 2007. La ville a dû en effet voter, sans avoir le détail des calculs, confidentiels, et contre abandon des poursuites contre la banque, un prêt de recouvrement que le groupe local d’Attac estime trop gourmand. « De notre point de vue, ce défaut d’information pose un grave problème démocratique, de transparence, et remet en cause les moyens du consentement à l’impôt », s’indigne le collectif.

Brésil : un Lula-leaks en vue

Tout le monde sait d’évidence, en vain, que c’est une justice partiale qui a fait condamner l’ex-président Lula. Mais le scandale pourrait enfin éclater avec les révélations de The Intercept le 9 juin. Le site états-unien d’investigation a obtenu une masse de messages électroniques compromettants pour le juge Moro. Le prétendu « Monsieur Propre » de l’énorme affaire de corruption Lava Jato y aurait mêlé Lula afin de le mettre sous les verrous et l’interdire de présidentielle en 2018, alors qu’il avait toutes les chances de l’emporter. Un « Lula-leaks » ? Les fuites démontreraient que Moro, actuel ministre de la Justice du président d’extrême droite Bolsonaro, a influencé les procureurs en défaveur de Lula. Certains doutent que cela soit d’un grand impact, dans un système judiciaire sous influence. Sauf qu’à la manœuvre, il y a Glenn Greenwald, le journaliste fondateur de The Intercept, et l’un des héros des révélations Snowden sur la NSA états-unienne. Il promet que c’est une longue série de révélations explosives qui démarre…

Photo de la semaine : À Saint-Denis, la première gay pride des banlieues

© Politis

Plus d’un millier de personnes ont défilé dimanche 9 juin dans les rues de Saint-Denis (93) pour lutter contre le « cumul des discriminations », une première dans une ville populaire de la région parisienne. Pour les organisateurs, l’enjeu était de montrer qu’il était possible de vivre ouvertement son homosexualité en dehors de Paris et de lutter contre les clichés attachés à la banlieue.


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