Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité hebdomadaire, en bref.

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Sous-traitance : La Poste condamnée

Seydou Bagaga était livreur, employé par un sous-traitant de La Poste, DNC. En décembre 2012, il tombe dans la Seine en tentant d’y récupérer un colis qu’il devait livrer sur une péniche. Il en est mort. Seydou Bagaga n’avait pas de contrat de travail, ni même de salaire. Ce 8 juillet, La Poste a été condamnée à 120 000 euros d’amende pour « prêt de main-d’œuvre illicite », une première.

L’ancien responsable de son centre de tri d’Issy-les-Moulineaux et un patron de DNC ont, eux, écopé de six mois de prison avec sursis. L’enquête a démontré que les sous-traitants faisaient exactement le même travail que les postiers, au même endroit, mais avec une masse de travail très supérieure. Selon la CGT, la sous-traitance représente 80 % de la livraison des colis de La Poste en Île-de-France.

Mondial de foot : Megan Rapinoe vs Trump

Sur le bord du terrain, quand ses coéquipières se tiennent le cœur et chantent l’hymne américain, Megan Rapinoe pose, elle, un genou à terre. À 34 ans, la footballeuse star du mondial aura autant fait parler d’elle sur la pelouse que par ses combats en dehors du rectangle vert. En mars, elle portait plainte contre la Fédération américaine de football, l’accusant de discrimination en matière de salaires et de conditions de travail. La capitaine des Américaines, qui se bat contre les discriminations envers la communauté LGBT, l’a annoncé au début du Mondial : elle ne se rendra pas à la Maison Blanche pour recevoir les louanges de Donald Trump.

La bossa orpheline

Il restera l’inventeur principal de la bossa nova. Cette samba déportée vers le jazz est indissociable de la voix de João Gilberto, interprète génial (il a très peu composé) d’immenses succès tels que « Chega de saudade » ou « A Felicidade ». « Garota de Ipanema » (« La Fille d’Ipanema ») fut même considéré comme le titre le plus joué au monde après « Yesterday » des Beatles. Née à la fin des années 1950, la bossa accède à une renommée planétaire encore jamais atteinte par un genre musical du « Sud », contribuant à rehausser la considération portée au pays du « tiers-monde » qu’était le Brésil.

Grèce : La droite hérite de tout

C’est peu de dire que la droite grecque, avec sa principale formation, Nouvelle Démocratie (ND), n’a pas laissé que des bons souvenirs, tant en Grèce qu’en Europe, puisque ses responsables au début des années 2010 ont contribué à maquiller les comptes publics à l’aide de la tristement célèbre banque états-unienne Goldman-Sachs. Si, grâce à la « prime majoritaire » de 50 députés dévolue à la formation arrivée en tête, ND (emmenée par l’héritier Kyriakos Mitsotakis) a obtenu le 7 juillet une courte majorité absolue (158 sièges sur 300), Syriza et Tsipras demeurent très bien implantés dans le pays (31,5 % des voix). Mais ce scrutin est surtout marqué par un record d’abstentions (42 %), signe d’un désenchantement des électeurs grecs. Seule bonne nouvelle, les néonazis d’Aube dorée n’atteignent pas le seuil de 3 % et disparaissent du Parlement.

Jihadistes : la France complice de la peine de mort ?

La France a-t-elle sciemment livré à la mort plusieurs de ses ressortissants, au mépris de ses valeurs et du droit européen ? Le doute est plus que permis depuis que deux Français, détenus en Syrie et livrés à l’Irak en janvier, affirment que des Français étaient présents lors du passage de la frontière. Avec neuf autres, ils ont été depuis condamnés à mort par la justice irakienne, après avoir été torturés. La diplomatie française a toujours nié être impliquée dans ce transfert, mais sans vraiment convaincre, puisque Paris refuse de rapatrier les jihadistes de Daech pour les juger en France, et refuse même de sauver leurs très jeunes enfants, qui vivent dans une situation sanitaire catastrophique dans des camps en Syrie, et dont la famille, souvent les grand-parents, demandent la garde.

Pluralisme : des départs volontaires pour sauver L’Huma

Fondé en 1904 par Jean Jaurès, devenu organe central du Parti communiste français après le Congrès de Tours de 1920, L’Humanité connaît aujourd’hui de graves difficultés financières. Après une aide substantielle de l’État sous François Hollande au nom de la « défense du pluralisme » de la presse quotidienne, le titre n’a pas retrouvé l’équilibre, a continué de perdre des sommes conséquentes et reste toujours largement déficitaire, malgré le succès des souscriptions auprès des lecteurs – plus de 2,4 millions d’euros déjà récoltés depuis le début de cette seule année 2019.

En dépit aussi de l’affluence à la Fête annuelle du journal, en septembre à La Courneuve, qui demeure le plus grand événement populaire de France par son nombre de participants. « L’Huma » avait été placé en procédure de redressement judiciaire le 7 février dernier. Après de longues négociations, direction, administrateurs judiciaires et organisations syndicales ont conclu un accord de « plan de sauvegarde de l’emploi » (PSE), prévoyant la suppression de 41 postes (28 journalistes, 13 cadres et employés) sur un total de 157 salariés réguliers (hors pigistes).Les syndicats – SNJ et SNJ-CGT principalement – y ont consenti car aucun salarié ne sera licencié : les départs ne pourront être que volontaires, et incluront beaucoup de prochains départs à la retraite. Cet amaigrissement de l’équipe devrait générer 2,3 millions d’économies annuelles sur la masse salariale. L’Huma, dont la diffusion était de 32 900 exemplaires par jour en décembre 2018, reste une pièce essentielle d’une presse pluraliste, démocratique et engagée.

La photo de la semaine : Ces féminicides que l’on ne veut pas voir

© Politis

Des Femen brandissent le code pénal lors d’un rassemblement le 6 juillet sur la place de la République, à Paris, contre les féminicides. Alors que le gouvernement avait proclamé les violences faites aux femmes « grande cause nationale » du quinquennat, plusieurs associations ont dénoncé des mesures de façade. Depuis le début de l’année 2019, 74 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

Crédit photo : Martin Bureau/AFP


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