Didier Cros livre les enjeux de son nouveau film, La Disgrâce

Comment filmer l’infilmable… Tel est l’un des intérêts de ce doc, concentré sur des visages sévèrement amochés par la vie, que nous propose le réalisateur.

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Jusqu’au 24 novembre, le festival du Forum des images, à Paris, tient son rendez-vous cinématographique. C’est aussi en marge de ce festival qui se déploie le webmagazine Un état du monde et du cinéma, consacré à de grands entretiens de Joseph Beauregard avec des cinéastes et des documentaristes.

Ce mois-ci, Didier Cros est à l’honneur. Et parle à Politis de son tout nouveau film, programmé bientôt sur France 2, La Disgrâce, déjà présenté dans une quinzaine de festivals, auréolé récemment par le prix du public au festival de Namur, en Belgique. La Disgrâce est un travail personnel sur le regard, dans un monde régi par l’image. Le regard qu’on porte sur soi, sur l’autre. Un exercice délicat et douloureux sur la différence, sur les gueules abîmées, les visages en vrac, des bêtes de foire. Qui sous le jet d’acide sulfurique, qui sous les effets d’un accident domestique, qui sous le joug d’une balle reçue au Bataclan, d’une maladie génétique ou d’un cancer. Dans les murs des studios Harcourt, où trônent les trognes de Belmondo et Gabin et suivant les directives d’un portraitiste encadrant son sujet défiguré, le temps d’une séance photo, le réalisateur recueille sobrement une galerie de récits intimes de ces individus, tous restés au bord de la normalité, forcément au bord de la vie. Didier Cros choisit ici une position « stylisée, détachée du réel pour mieux y revenir ». Confrontation avec l’horreur, pas seulement physique mais aussi psychique. Sans pathos, ni naturalisme. L’image et la parole suffisent à elles-mêmes, posant la question de la représentation.

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