Les échos de la semaine

L'œil de Politis sur l'actualité de la semaine, en bref.

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Australie : le feu et la colère

Depuis septembre, le sud-est de l’Australie se consume : plus de 63 000 km2 brûlés, près de 500 millions d’animaux (mammifères, oiseaux et reptiles) tués, ainsi que 24 personnes, des dizaines de milliers d’autres évacuées… Pourtant, pas de déclic pour Scott Morrison. Le Premier ministre climatosceptique continue de privilégier le secteur du charbon plutôt que la lutte contre le réchauffement climatique… Face à la colère citoyenne, il a finalement créé un fonds national d’aide aux victimes de plus d’ 1 milliard d’euros prélevés sur les rentrées fiscales. Ultime tentative pour se rattraper aux branches déjà calcinées…

Algérie : Les bouteflikistes s’accrochent

Après avoir soutenu bec et ongles l’organisation d’une présidentielle le 12 décembre, l’homme fort de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a brusquement cassé sa pipe onze jours plus tard. Le régime algérien vit-il un tournant ? Difficile d’interpréter des signaux très contradictoires. Le 2 janvier, 76 détenus ont bénéficié d’une libération conditionnelle (avant un procès à une date ultérieure). Depuis le début du mouvement, en février 2019, au moins 180 manifestants, militants ou journalistes ont été arrêtés, souvent pour avoir brandi des drapeaux berbères ou pour des posts sur les réseaux sociaux.

Certains ont déjà été condamnés, souvent à des peines lourdes. Mais le très mal élu (60 % d’abstention) Abdelmadjid Tebboune, nouveau chef de l’État, a nommé un gouvernement tout aussi bouteflikiste que le précédent. Après son premier Conseil des ministres, Tebboune a évoqué « la reconsidération du système de gouvernance à travers un profond amendement de la Constitution », mais sans donner le moindre détail de ce qu’il entendait par là. Une occasion manquée qui ne fera qu’exacerber la détermination du Hirak, qui réclame l’éviction de toute l’ancienne caste dirigeante.

Bonne nouvelle pour LHuma

C’est tombé entre Noël et le Jour de l’an : le tribunal de commerce de Bobigny a déclaré la sortie du quotidien L’Humanité de la période d’observation et de redressement entamée le 7 février 2019 et a validé son plan de continuation. Les créanciers publics et privés ont décidé d’abandonner 75 % de leurs créances. Les 25 % restants devront être réglés d’ici à fin mars. Tandis que la campagne de dons et de souscription a rapporté plus de 4 millions d’euros.

Libye : Convoitises turques

La guerre civile en Libye est à un tournant avec la conquête, le 6 janvier, de la ville stratégique de Syrte par le général Khalifa Haftar. La prochaine cible du candidat dictateur, soutenu par l’Égyptien Al-Sissi et par Poutine, est la prise de la capitale, Tripoli, où siège le gouvernement de Fayez Al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale. Celui-ci, en place depuis 2016, avait fini par obtenir un vote favorable du Parlement de Tobrouk, avant que s’installe une situation de double pouvoir exploitée par Haftar. La situation se complique encore avec l’engagement de la Turquie en soutien d’Al-Sarraj. Ce n’est pas la légalité internationale qui motive Erdogan, mais de juteux contrats d’exploitation des hydrocarbures. L’accord signé le 5 décembre avec Al-Sarraj redessine une zone maritime en faveur d’Ankara.

Consommation : Vade retro, plastique !

« Plastique à usage unique » : derrière cette dénomination tout administrative, des milliers d’objets du quotidien. Assiettes, gobelets, verres jetables et cotons-tiges ne peuvent plus être mis sur le marché depuis le 1er janvier. Les bouteilles d’eau plate en plastique sont également bannies des cantines scolaires. Un sursis d’un an a été accordé aux gobelets vendus remplis, aux pailles, touillettes à café, boîtes en polystyrène expansé (kebab) et piques à steak. La production de plastiques a connu une croissance exponentielle depuis vingt ans. Et les déchets en conséquence : chaque Européen en génère presque 50 kilos par an. S’il a fait des progrès, le recyclage ne touche que 30 % de cette masse énorme, qui finit le plus souvent en particules dans les mers et océans. Cette réglementation prolonge celle qui a interdit l’usage des sacs en plastique par les commerçants (1er juillet 2016), puis des sacs « hors caisse » (fruits et légumes) l’année suivante. Avant, 17 milliards de ces poches étaient distribuées chaque année par les commerçants. Finalement, on s’est très bien habitué à faire sans.


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