« Si la direction nous demande d’ouvrir l’agence, on refusera »

Série #lesdéconfinés sur Politis.fr. Le monde est en pause, mais eux continuent de s’activer. En ces temps d’épidémie, découvrez ceux qui ne sont pas confinés. Aujourd’hui, Dominique*, banquière.

Cet article est en accès libre. Politis ne vit que par ses lecteurs, en kiosque, sur abonnement papier et internet, c’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas prendre de publicité sur son site internet. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance, achetez Politis, abonnez-vous.


Dès le début de semaine, notre directeur a pris la décision de baisser totalement le rideau de l’agence. Il a fait remonter à son supérieur sa décision, au nom de notre santé. Etre ouvert aux clients je n’en vois pas l’utilité, ils téléphonent ou viennent poser leur question tout en restant derrière la grille. Nous avons reçu des gants et des masques seulement en fin de semaine dernière et nous n’avions toujours pas été livrés en gel hydrolalcoolique ce samedi…

On voit une grosse différence entre les établissements : une collègue d’une grosse agence niçoise doit continuer de travailler coûte que coûte sur ordre de sa hiérarchie, avec contacts avec les clients, qui viennent sans se rendre compte du danger qu’ils encourent et qu'ils font encourir aux banquiers.

Nous, même si la direction nous demande d’ouvrir, on refusera. On continue d’accompagner les clients, mais on ne veut pas mettre nos familles en danger. Je continuerai d’aller travailler si on me demande d’aller travailler, je n’ai que le trajet à faire en voiture, ce n’est pas loin de chez moi. Chez nous, seuls les directeurs peuvent faire du télétravail. Il y a en ce moment des tests pour définir la manière de procéder au niveau de la sécurité informatique, notamment avec l’utilisation du Wi-Fi. Et puis télétravail, sans téléphone professionnel, cela veut dire qu’on laisse notre numéro personnel aux clients…

La banque fonctionne au ralenti de toute façon, il n’y a pas beaucoup de demandes. On ne va pas faire de prêts, ni de souscriptions à des assurances auto-habitation. L’urgence, c’est surtout les artisans et professions libérales dont on s’occupe. Il y a des demandes de suspensions de prêts, des angoisses pour la suite. Il y a des procédures en cours pour permettre aux personnes qui ne toucheront pas leur salaire ou qui sont en chômage partiel de suspendre leur prêt sans frais et ne pas avoir d’agios en cas de découvert. Après, ce sera du cas par cas.

*Le prénom a été changé


Haut de page

Voir aussi

Articles récents

Campagne d’appel à dons

Appel à dons : Politis a besoin de vous !
Consultez la page dédiée à la campagne

YesYes se tient plus que jamais à votre service !

Souhaitez-vous recevoir les notifications de la rédaction de Politis ?

Ces notifications peuvent être facilement desactivées par la suite dans votre navigateur.